DOA : Le serpent aux mille coupures (Gallimard Folio)

J’ai plein de copains qui n’arrêtent pas de me dire que DOA, c’est génial. Alors, l’année dernière, je m’étais essayé à Citoyens clandestins, dont j’adorais le titre. Ca tombait bien, c’était pendant les vacances, et je me réserve toujours le lourd pour ces périodes de repos. Au final, c’était bien, mais c’était tout. Je trouvais que les copains exagéraient un peu. Pas dégoutté pour un sou, je récidive, pour ne pas rester sur une impression mitigée.

Moissac, Sud Ouest de la France. En plein milieu des vignes, un règlement de comptes entre trafiquants de drogue et un mystérieux motard donne lieu à une déferlante de meurtres. Dont la torture dite du « Serpent aux mille coupures » qui vient de Chine. La police évidemment entre en jeu, toujours en retard et un peu dépassée. Seul le lieutenant colonel Massé du Réaux arrive à comprendre et à suivre le rythme.

Dans ce petit roman (200 pages), il y a une multitude de personnages (une quinzaine) et une multitude de sujets (le trafic de drogue, le racisme, le fonctionnement de la police, la politique …) Bref, ça part dans tous les sens, ça bouge, ça tire, ça tue, ça va vite. Et je dois dire que la facilité de la lecture aide beaucoup. Le style de DAO se marie très bien avec l’action, c’est très imagé avec peu de dialogues mais il faut dire que les protagonistes tuent avant de parler et que dans les petits villages, on n’aime pas parler aux inconnus.

Mais à part ça, je dois reconnaître que je suis resté sur ma fin. Il y a tant de sujets abordés mais pas traités, entre le trafic de drogue des Colombiens qui veulent s’implanter en Europe, l’impuissance des moyens de la police face à ce fléau, ou le racisme des villageois envers les non-blancs. Pourquoi ne pas avoir fait un roman de 400 ou 500 pages, de prendre le temps de placer les personnages, et de parler de ces thèmes forts.

Alors, oui, je reste sur ma fin. En voulant faire court comme un coup de poing à l’estomac, la psychologie des personnages reste au second plan, laissant la place à l’action. Le sujet est au final trop complexe ou les thèmes trop nombreux pour être traités aussi vite. J’ai surtout l’impression que l’auteur a voulu écrire une petite histoire de film d’action (facilement scénarisable) alors que pour le coup, il pouvait faire quelque chose de monumental.

Voilà : je reste sur ma fin. D’ailleurs, c’est la fin de mon article … pour faire un peu d’humour. Je suis curieux d’avoir d’autres avis à ce sujet.

Publicités

8 réflexions sur “ DOA : Le serpent aux mille coupures (Gallimard Folio) ”

  1. Je m’essaye à  » citoyens clandestins  » depuis qq temps ! Pas facile, je trouve. J’ai du mal à y rentrer, tout en trouvant le sujet passionnant. Je dis que je m’y essaye car quand j’ai une panne de lecture (rare… Puis qu’un certain blogueur, n’en finit plus de rallonger ma liste de bouquins à lire !!!! ). Je peux y revenir sans avoir oublié ce que j’ai lu qq semaines avant… Mais je peine un peu. Ne s’apprivoise pas facilement, ce roman !

     » Le serpent… « . Pas tenté. Pas forcément envie.
    Je tenterai le dernier » pukhtu  » quand il sortira en poche.
    Et  » ligne de sang  » m’est un peu tombé des mains.

    Rencontré l’auteur à une séance librairie. Homme adorable et brillant.

    J'aime

    1. J’avais bien aimé Citoyens clandestins. je l’avais lu en vacances, et donc j’étais disponible intellectuellement parlant. Le serpent est plus direct, plus facile à « apprivoiser ». J’ai bien aimé son roman écrit avec Dominique Manotti, L’honorable société. Quant à Pukhtu, je vais le lire incessamment sous peu vu le bien que j’en ai lu chez les copains blogueurs. Je ne peux pas dire que je sois fan de l’auteur … je crois que j’attends son grand livre. A bientôt

      J'aime

  2. Lu !!!!
    Marrant de lire ce que je disais plus haut, il y a un an.
    Cet été j’ai dévoré, finalement,  » citoyens clandestins « . Touffu mais passionnant et j’ai adoré. Au point, qu’ensuite, mes lectures me paraissaient fadasses.
    J’ai enchainé avec  » le serpent…. « . Pure curiosité car je voulais savoir ce qu’il advenait de certains protagonistes du roman précédent. J’ai aimé mais suis restée un peu sur ma faim.
    Pucktu primo m’attend.
    Et en ce qui me concerne, une chose est certaine, DOA et son long cycle, compte parmi mes auteurs favoris.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s