Arrivederci amore de Massimo Carlotto (Points Seuil)

Voilà un auteur que je considère comme un des plus grands, dans le monde du polar. Parce que l’Italie comporte des purs génies en matière de romans noirs aussi. Comme je venais de lire des romans un peu longs, je me suis jeté sur celui-là, que j’ai acheté parce que c’est un Carlotto.

Giorgio Pellegrini est un ancien terroriste, qui après un assassinat, est obligé de vivre en exil en Amérique du Sud. Après plus de dix ans là-bas, l’attrait du pays se fait sentir, et il revient. Il devient l’indic d’un flic pourri, fait quelques années de prison (forcément !) et trouve un travail dans une boite de striptease. A partir de ce moment, il construit sa vie et peut assouvir ses besoins : argent et femmes mures.

Difficile de résumer ce roman court (180 pages) et foisonnant. Le personnage de Giorgio est formidable, décrit avec tellement de justesse, que l’on aime détester ce type. J’allais dire un loser, mais c’est plutôt à un minable à qui on a affaire. Courant toujours après l’argent pour pouvoir bien vivre, aimant les femmes de plus de quarante ans car elles lui amèneront moins de problèmes que celles de vingt ans (sic !) et qu’elles sont plus faciles à manipuler.

Ce roman est un des premiers de ce magnifique auteur, mais on retrouve tout ce qui fait la qualité de cet auteur. Il prend un personnage et nous démonte toute la psychologie, par petits traits, sans jamais juger, uniquement par les actes. Formidable. Toute cette histoire est tellement logique, et son personnage subit ses actes, ses décisions, et assume.

Massimo Catlotto, c’est ça. Un personnage magnifique, mais aussi une écriture simple. Le style est comme toujours direct, chaque mot a sa place, chaque phrase est utile. Ne cherchez pas ici de descriptions de dix pages, de digressions qui détournent du déroulement de l’histoire, on n’a que le strict minimum pour une narration hyper efficace. Seul petit reproche que l’on pourrait faire à ce roman, c’est le classissisme de sa construction. Un chapitre pour chaque femme importante de sa vie. Sinon, ne cherchez pas d’humanité dans ce personnage, ni de romantisme dans cette histoire, le titre, en guise de trompe-l’oeil n’est là que pour mettre en valeur la noirceur du récit. A noter la couverture, qui est d’une beauté à couper le souffle, et je pense que vous allez craquer.

C’est le troisième Carlotto que je lis, j’ai les autres en stock, alors permettez moi de vous conseiller Rien, plus rien au monde (un condensé de 50 pages pour un pur chef d’œuvre, imaginez que je l’ai lu il y a 5 ans et je m’en souviens encore) et L’immense obscurité de la mort (un titre un peu pompeux pour un nouveau chef d’œuvre). Celui-ci est excellent, et après avoir lu les deux que je viens de citer, vous serez tellement drogué par Carlotto que vous courrez acheter les autres. Et peut-être que, comme moi, vous les garderez dans votre bibliothèque, juste pour le pur plaisir de savoir que vous avez des joyaux sous la main. Et, le jour où vous n’aurez rien à lire, où vous aurez besoin d’un vrai roman noir, vous en prendrez un au hasard (sept sont publiés en France à ce jour, si je ne m’abuse), et ce jour-là, vous choisirez un Carlotto.

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2 réflexions sur “ Arrivederci amore de Massimo Carlotto (Points Seuil) ”

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