Vendetta de R.J.Ellory (Sonatine)

Vous savez tout le bien que je pense du premier roman édité en France de R.J.Ellory, Seul le silence, œuvre majestueuse et grandiose de cet auteur encore inconnu en France. Alors, forcément, je n’allais pas rater le deuxième roman toujours édité par Sonatine, alors que le premier sort au Livre de poche. Et je n’ai pas été déçu, loin de là.

La fille du gouverneur de la Lousiane, Catherine Ducane, a été enlevée. Le FBI est sur les dents pour la retrouver au plus vite. Le ravisseur contacte le FBI et accepte de se rendre à la seule condition qu’il puisse raconter sa vie à un petit fonctionnaire, alcoolique à ses heures, Ray Hartmann. Le ravisseur, Ernesto Perez va donc raconter sa vie au milieu de la mafia, des années 50 à nos jours, en tant que tueur à gages, étape par étape.

Le premier terme qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre est : impressionnant. Quel souffle épique, quelle aventure, quel savoir faire de Ellory pour mener une telle histoire sans jamais ni se répéter, ni digresser, ni nous lasser. On connait maintenant sa facilité à raconter une histoire, à nous plonger dans une ambiance, on connait maintenant ses capacités d’historien. En prenant un sujet casse-gueule (excusez le terme), il raconte par le petit bout de la lorgnette l’histoire de la mafia, vue par un « petit », mêlant les grandes figures de l’après-guerre aux personnages de fiction. Il ne rentre pas dans les détails de ce qui peut se passer tout en haut de la pyramide car le narrateur n’en a pas tous les tenants et les aboutissants. Cela donne un vrai roman, et pas un livre enquête comme peut les écrire James Ellroy.

Ensuite, il faut rendre hommage au traducteur qui donne la pleine mesure de l’écriture de Ellory. C’est un livre que j’ai dévoré avec énormément de plaisir, malgré des 650 pages qu’il comporte. La construction du livre alterne entre un chapitre pour Perez et un chapitre pour Hartmann et même si cela n’est pas original, cela donne un certain rythme entre d’un coté  le récit du tueur qui prend son temps et de l’autre le FBI qui court après une enquête dont les tenants et les aboutissants sont maitrisés par Perez lui-même.

Ne vous attendez pas à un style direct, ici, comme dans le précédent roman, on a affaire à de vraies phrases, de vraies descriptions, de vraies ambiances et de vrais personnages. Et on s’y croit, à Cuba, à New York, à Las Vegas ou à Chicago. On visualise très bien les quartiers, les villes, la vie qui évolue. Car c’est aussi une chose que j’ai adoré : Perez nous décrit sa vie, et montre les changements de son environnement. Et on voit très bien comment le monde change, avec son âge qui avance, et le fait que le monde va de plus en plus vite pour un homme qui va de plus en plus lentement.

Que dois-je dire de plus pour que vous courriez acheter ce livre et le dévorer ? Evidemment, il y a le suspense, lié à la tension des flics, qui cherchent désespérément cette fille, qui savent qu’ils se font manipuler par ce tueur, mais qui ne peuvent rien faire d’autre que de l’écouter en espérant qu’il laissera le bon indice en route. Et le lecteur fait plein de suppositions, plein d’hypothèses, jusqu’au dénouement final … Quelle maitrise, quelle construction. R.J.Ellory est décidément très fort.Et on retrouve ce qui semble être l’obsession de l’auteur : est-on maître de son destin ? Dans Seul le silence, la vie du personnage principal était guidée par les meurtres ayant lieu dans son enfance. Là, la vie des protagonistes (Hartmann et Perez) est très liée à l’environnement, en l’occurence au lien qui les unit à leur père respectif. Mais peut-être ce thème n’est-il qu’un hasard étant donné les dates de parution originale. Attendons les prochains opus traduits en français pour savoir. Et je peux vous dire que je suis impatient.

Le seul petit reproche que je ferai, par rapport à son précédent roman, c’est que je l’ai trouvé moins émouvant que le premier. Mais, y a-t-il une once de sentiment chez les gens de la mafia ? Le personnage de Hartmann, censé donner le change à Perez est tout de même moins passionnant que le récit lui-même. Mais passez sur ces considérations de détail, car il faut vraiment lire ce roman, 650 pages d’histoire passionnantes, écrites par un auteur définitivement doué pour la littérature, capable de nous mener par le bout du nez, et de nous manipuler pour notre plus grand plaisir. J’attendais beaucoup de ce roman, et je n’ai pas été déçu, loin de là. Pour sur, je lirai le prochain.

Pour votre information, l’auteur a un site personnel en Anglais, dans lequel on apprend qu’il a écrit sept romans (un par an !), et sur lequel on peut lire sa biographie, écrite avec un humour très british. C’est là : link

Le livre existe en format poche au Livre de poche

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