Envoyez les couleurs de Donald Westlake (Rivages Thriller)

C’est un roman que j’ai lu quand il est sorti (donc en début d’année) car je lis des Westlake dès que je le peux.
Le jeune Olivier Abbott vient d’être nommé professeur d’anglais à l’école de Colfax que dirige son père. Mais dès le premier jour de classe, les élèves – 87 % sont des Noirs – se mettent en grève, lui reprochant d’avoir pris la place d’un professeur de race noire. Bravant cette contestation dirigée contre lui et son père, Olivier obtient la protection d’une ravissante collègue, Leona, qui appartient au groupe modéré des contestataires noirs. Mieux : il entreprend de la séduire, et Leona succombe peu à peu au charme du professeur, ce qui provoque la panique du père d’Olivier et la fureur de la communauté noire…
Donald Westlake est un GRAND, était un grand. Dans ce roman, il aborde le sujet du racisme, sujet oh combien ! difficle. Comme toujours, il part d’une situation classique, et déroule l’histoire avec logique. Et comme toujours, cela se suit avec beaucoup de plaisir. Son écriture est limpide, les descriptions simples et les dialogues brillants.
Les deux personnages, Olivier et Leona, sont immédiatement sympathiques et on ressent beaucoup de compassion envers ce qui leur arrive. Et on poursuit la lecture avec avidité en espérant que tout se finisse bien, parce qu’avec Westlake, on ne sait jamais. Il y a aussi un coté daté dans ce livre écrit en 1969 (cette édition a été re-traduite dans le cadre d’une ré-édition des oeuvres du maître). C’est pllutot agréable, on a l’impression de voir un film américain des années 50, comme le dit justement Actu du noir là.
Contrairement aux autres romans de Westlake, l’humour est moins présent (ou du moins je l’ai moins senti / ressenti). Il y a bien quelques passages hilarants mais ils sont situés vers le début du bouquin. J’ai eu l’impression que Westlake était un peu écrasé par la gravité du sujet, qu’il n’avait pas le détachement que l’on peut trouver dans ses autres romans. Par contre, il renvoie les deux parties dos à dos comme si on était dans un match de football (américain), que le match se terminait avec un score nul, pour montrer qu’au bout du compte c’est l’éducation qui compte et pas la couleur de la peau. La leçon de morale de la fin est tout de même un peu trop « premier degré » à mon gout.
Ce roman ne restera pas dans mes annales comme le meilleur de Westlake. Essayez donc les aventures de Dortmunder, ou même Un jumeau singulier ou Mort de trouille ou Aztèques dansants. Là, je vous garantis des éclats de rire à en avoir mal aux maxilaires.

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4 réflexions sur “ Envoyez les couleurs de Donald Westlake (Rivages Thriller) ”

      1. AH ! je l’ai, je l’ai !! Je saurai comment voler une banque…

        Sur mon site, je suis en train de suer pour faire une grosse parties des auteurs de Noir, parce que avant, il y a deux ans, j’avais juste quelques fichounettes de rien du tout, je ne pensais pas que j’allais plonger dedans et en lire autant ! 😀

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