Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar Staalesen (Gaia polar)

Ce roman fait partie d’une série de 12 volumes mettant en scène Varg Veum, un détective privé ayant un passé dans des ervices contre la maltraitance des enfants. Celui-ci est le septième de la série. J’avais lu il y a quelque temps le premier de la série qui s’appelle Un loup dans la bergerie. Si j’avais apprécié la façon dont l’auteur déroulait son intrigue, cela restait un roman classique avec tous les ingrédients d’un polar « américain ». Et puis, l’article de Cynic63 m’a donné envie de le lire.
Mons Vassenden est un homme qui ne peut se passer des jeux de pari et miné par les dettes. Il débarque dans le bureau de Varg Veum, et lui propose une mission de garde du corps lors de son voyage à Oslo, où il est censé rembourser sa dette 0 Svein Grorud. L’atmosphère est tendue lors de l’entretien mais tout se passe bien. Varg remarque un homme Axel Hauger, qui semble être un truand ou l’homme qui dirige tout. De même, il assiste à des coups de fil qui semblent indiquer que plusieurs autres personnes doivent de l’argent à Grorud et Hauger. En sortant, Varg reconnait Marete, une jeune femme qu’il a connu presque trente ans plus tôt lors de ses études. Elle, par contre, refuse de le reconnaître. Il cherche à en savoir plus, et apprend que Marete est morte en 89. Et comme Varg est curieux, il va poursuivre son enquête jonchée de quelques cadavres.
Clairement, ce roman n’est pas écrit par un amateur du genre. Staalesen sait y faire pour créer une atmosphère, pour tisser une énigme, et contruire son intrigue petit à petit. Il sait parfaitement manipuler le lecteur, sans que cela ne se voit. Tout s’agence naturellement, et on n’arrive pas à deviner le dernier fil de la toile d’araignée avant les dernières pages. Et c’est d’autant mieux fait que l’auteur repose son livre sur des personnages forts, bien dessinés, très nombreux (plus d’une dizaine) et très intéressants. Mais on n’est pas perdu dans cette « pièce de théatre », les protagonistes sont immédiatement reconnaissables, et replacés intelligemment dans l’intrigue.
La construction du roman est pour beaucoup dans le plaisir de la lecture. Des chapitres courts, des descriptions claires et efficaces des dialogues très bien écrits et réalistes saupoudrés d’humour, m’ont donné envie d’aller vite pour comprendre ce qui se passait. D’ailleurs, un passage de ce livre se passe lors d’un marathon et le livre m’a fait penser à cela : Staalesen a créée un style qui fait penser à un coureur de fond. Varg court, comme nous, tout au long de l’intrigue, accélérant par moments, reprenant son souffle à d’autres, doublant certains concurrents ou les suivant à la trace.
Enfin, on perçoit très nettement la dénonciation de Staalesen envers les dérives de la société nordique. Par petites touches, on voit poindre les signes d’un modèle de société qui part à la dérive (je vous rappelle que ce roman a été écrit en 93). Il distille quelques petites remarques au travers de l’avis de plusieurs personnages et j’ai bien eu l’impression qu’ils se rendaient compte de l’état de leur société sans pour autant savoir quoi faire, comme des passagers d’un train lancé à grande vitesse sans possibilité de freiner.
Au final, une enquête de très bon niveau, très divertissante pour le lecteur, avec tous les ingrédients qu’il faut (meurtres, chantages, extorsion, sexe, politique, argent, …), menée de façon classique mais brillante. Et un petit merci à Cynic.

2 réflexions sur « Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar Staalesen (Gaia polar) »

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