Oldies : Get up ! Stand Up ! de Perry Henzell (Sonatine)

Ce roman vient tout juste de paraitre chez Sonatine, alors qu’il date de 1982. D’ailleurs, si j’ai choisi de le lire, c’est parce qu’il est mentionné que c’est Patrick Raynal qui l’a conseillé. Et de fait, pour ceux qui sont adeptes de polars politiques, ce roman est très bon dans le genre.

L’auteur :

Perry Henzell est né le 7 mars 1936 à Port Maria en Jamaïque. Il suit des études cinématographiques au Canada puis rentre en Jamaïque dans les années 1950 où il tournera plusieurs documentaires et des spots publicitaires.

Dans l’idée de créer un film retraçant la vie d’Ivanhoe Martin, mieux connu sous le nom de Rhygin, rude boy (caïd) très populaire de Trenchtown, le principal ghetto de Kingston, il demande au chanteur Jimmy Cliff d’écrire une bande-son reggae appropriée. Ne trouvant pas d’acteur, il décide de recruter Jimmy Cliff pour le rôle de Rhygin.

Ce film sort en 1972, dont la bande-son est composée de chansons de Jimmy Cliff, Desmond Dekker, Toots and the Maytals etc., peut être considéré comme le seul grand classique jamaïcain.

Perry Henzell est mort des suites d’un cancer la veille de la projection de No Place Like Home au Flashpoint Film Festival, un film tourné dans les années 1970, qu’il n’avait jamais pu finir à cause de problèmes financiers. Perry Henzell envisageait également de réaliser l’adaptation de son roman Power Game (1982), qui devait clôturer sa trilogie jamaïcaine, mais le cancer aura eu raison de cette ambition.

Quatrième de couverture :

Un pays des Caraïbes, qui fait fortement penser à la Jamaïque. D’un côté, une caste privilégiée qui tient le gouvernement, l’armée, les médias, la justice et toutes les richesses locales, une élite corrompue, qui oscille entre volonté d’indépendance et soumission aux riches investisseurs étrangers. De l’autre, le ghetto, les gangs, le trafic de ganja, une misère de plus en plus noire. Un mélange explosif qu’une seule étincelle suffirait à faire exploser. Et si celle-ci venait de Zack Clay, une star du reggae de retour au pays après un triomphe international ? Lui seul a en effet le pouvoir de rassembler les gangs et la rue pour venir à bout de l’oppression, des injustices et des inégalités. Mais entre un message prophétique de paix et le passage à la lutte armée, le fossé est grand. Zack devra ainsi faire un choix dont pourrait dépendre le sort de l’île tout entière.

Mêlant musique et politique, Perry Henzell nous offre un portrait sans concession d’une société dévorée par les inégalités et la corruption. On reconnaîtra à travers la figure de Zack l’ombre de Bob Marley.

Mon avis :

Dans le genre polar politique, ce roman est un bon exemple du genre. Prendre une ile des Caraïbes, sans la citer, créer des personnages crédibles représentant chacun un pouvoir en place, ajouter une étincelle qui va mettre le feu aux poudres et vous aurez la recette de ce polar paru injustement si tard chez nous.

Du coté des personnages, Percy est le premier ministre de cette ile, qui ne comporte aucune richesse, si ce n’est la culture de la marijuana. La hausse du prix du pétrole met cette ile en grand danger. Le gouvernement repose sur les deux frères Bernard : Winston est le ministre des finances et Mark est le ministre de la sécurité. Ils représentent les riches politiques de l’Ile. La femme de Winston se nomme Michèle et détient les rênes de la radio locale. A eux trois, ils représentent le pouvoir.

Du coté des particuliers, Eddie, le frère de Michèle est riche grâce à ses trafics de drogue essentiellement, mais aussi avec ses clubs. Enfin, il y a le ghetto, pauvre, désœuvré et ne survivant que grâce à de petits boulots ou au trafic de drogue. Ils sont représentés par deux personnages Yzion et Wire, appartenant à 2 ghettos différents. Le fragile équilibre de l’ile va être mis à mal le jour où l’armée va abattre une vingtaine de jeunes issus des ghettos.

Ce roman est une excellente surprise, au sens où je ne connaissais rien de cet auteur, et où il sait mettre en place de nombreux personnages représentant leur milieu. Nous avons affaire là à un polar politique, au centre duquel l’auteur place Michèle, parce qu’elle détient les medias mais aussi parce qu’elle croit au pouvoir de la musique. Elle va faire éclore un nouveau talent, Zack Clay, et compte sur lui pour clamer la population.

Il est réellement difficile de lâcher ce roman, tant c’est à la fois bien écrit et bien mené. Et même si cela peut paraitre parfois naïf, parfois simpliste (parce que daté de 1982), si on n’est pas au niveau de ce qu’a fait James Ellroy, ce roman peut aisément assouvir les besoins des fans du maitre ou plus simplement les amateurs de polars politiques.

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3 réflexions sur “ Oldies : Get up ! Stand Up ! de Perry Henzell (Sonatine) ”

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