Dark Tiger de William G. Tapply (Gallmeister)

Voici donc le dernier tome des aventures de Stoney Calhoun, après Dérive sanglante et Casco Bay, dernières en date et dernières tout court, puisque M.Tapply a eu la mauvaise idée de mourir l’année dernière. Cela clôt la trilogie d’une façon remarquable.

Deux mauvaises nouvelles tombent sur Stoney Calhoun dans la même journée : tout d’abord, il apprend que la boutique d’articles de pêche qu’il loue avec Kate Balaban va être vendue, et que par conséquent son bail ne va pas être renouvelé et qu’il va devoir déménager ; ensuite, Kate lui apprend que son mari, Walter, atteint de sclérose en plaques et dont l’état se dégrade, ne va plus être pris en charge par sa compagnie d’assurance et que par conséquent, ils ne vont plus se permettre de payer les frais de la clinique dans lequel il est soigné.

Stoney Calhoun reçoit alors la visite de l’homme au costume qui lui annonce qu’il a une mission à lui confier et qu’il peut arranger ses problèmes (pour la bonne et simple raison que c’est son organisation qui les a créés). Calhoun accepte de rencontrer M.Brescia qui l’informe qu’il va être embauché en tant que guide de pêche dans un hôtel de luxe du nord du Maine, au Loon Lake Lodge,  pendant 6 semaines, afin de découvrir l’assassin d’un agent du gouvernement nommé McNulty.

Il s’avère que cet agent, McNulty a été retrouvé mort dans une voiture en compagnie d’une jeune fille de 16 ans. Tous les deux ont une balle dans la tête, mais elle leur a été tirée alors qu’ils étaient déjà morts. Calhoun va devoir démêler ce mystère dans un environnement qui n’est pas le sien alors que les coupables potentiels sont nombreux, entre les guides, le personnel, les directeurs et les clients.

On retrouve une nouvelle fois ce formidable personnages de Calhoun, amnésique suite à un coup de foudre, qui cette fois-ci est obligé de quitter sa ville de Dublin dans le Maine pour découvrir le meurtrier d’un agent du gouvernement. Et on espère en apprendre un peu plus sur son passé, puisque sa vie privée va être mise entre parenthèses pendant cette enquête.

Pas de surprises dans ce volume, on retrouve à nouveau tout l’art de Tapply à mener une intrigue au cordeau avec son style si fluide et ses dialogues extrêmement bien écrits. Il doit y avoir beaucoup de travail pour arriver à une telle pureté, une telle simplicité, pour notre plus grand plaisir, sans que le lecteur ne le ressente.Et j’en profite pour saluer l’excellent travail du traducteur, François Happe, qui a su retranscrire cette fluidité.

Ici, on laisse de coté la petite vie bien rangée de Calhoun pour le plonger dans un environnement différent. Calhoun est plus directif dans l’enquête, ce qui change par rapport aux précédents romans, et cela le rend plus professionnel, plus impliqué dans l’enquête. Ensuite, les paysages sont toujours aussi bien décrits. Et on passe encore une fois un sacré moment dans cette nature que l’on a envie de visiter. Les descriptions des environs de Loon Lake m’ont laissé ébahi et j’avais l’impression de voir une photographie, d’entendre les animaux, de sentir les odeurs de la forêt.

Et puis arrivent les trente dernières pages. Et là tout s’accélère, pas tellement dans l’action mais dans le style. Et on a vraiment l’impression qu’il manque une cinquantaine de pages. Le décalage est si brutal que l’on ne comprend pas, et que rien dans l’histoire ne le nécessite. Il en ressort une impression de roman inachevé, fini dans l’urgence, peut-être du à la leucémie de Tapply. Au global, c’est un roman extrêmement plaisant qui sait placer une enquête policière au milieu de la nature, mais ce n’est pas le meilleur. Alors je lance un appel aux auteurs américains (on a le droit de rêver) : Messieurs, l’un d’entre vous aurait-il l’obligeance de continuer le cycle Calhoun en respectant les bases de l’œuvre de Tapply ?

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3 réflexions sur “ Dark Tiger de William G. Tapply (Gallmeister) ”

    1. J’aimerais surtout qu’un éditeur français traduise les enquêtes de Brady Coyne, son personnage d’avocat récurrents. Il y en a plusieurs dizaines à éditer. Avis aux amateurs ! Les romans avec Calhoun sont plus proches de Nature writing

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      1. Bon, les éditeurs aiment sans doute mieux éditer les mémoires d’une femme bafouée par son préz de compagnon que les enquêtes de Coyne :/ niveau fric, la première dame en rapporte plus.

        J’aime bien le nature writing, moi.

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