L’évangile du billet vert de Larry Beinhart (Série Noire)

Larry Beinhart, je l’ai découvert avec Le Bibliothécaire. Dire que ce fut un choc pour moi est un euphémisme. C’est un roman fantastique sur les coulisses du pouvoir aux Etats Unis, et ce qui est inquiétant, c’est que beaucoup d’exemples dans son livre sont vrais. Mais je ne suis pas là pour parler du Biliothécaire, mais de son dernier roman en date : L’évangile du billet vert. Et accrochez vous, car c’est aussi prenant que le biliothécaire et ça va plus vite …

Carl Vanderveer fut un flic à la brigade des stups. Il a connu un drame dans sa vie : sa première femme est morte dans un accident de voiture. Il s’est alors remarié avec une droguée, et a commencé doucement à sombrer, jusqu’à ce qu’un de ses collègues le sauve enlui faisant découvrirJésus. Depuis ce jour, Carl vit dans la foi inébranlable des chrétiens de la Cathédrale du Troisième Millénaire tenue par le pasteur Paul Plowright.

Il a donc quitté la brigade des stups et est maintenant détective privé. Il est heureux en ménage avec sa nouvelle femme et sa fille. L’un de ses plus gros clients est le cabinet d’avocats Grantham, Glume, Wattly & Goldfarb. Et justement, Emmanuel Goldfarb, dit Manny, lui demande de l’aider dans une nouvelle affaire : Nathaniel MacLeod, professeur de philosophie,  a été assassiné. Le désigné coupable s’appelle Ahmad Nazami, et est musulman d’origine iranienne.

Dans une Amérique aveuglée par ses peurs de l’autre, dans un climat d’oppression lié au sombre 11 septembre 2001, Carl se retrouve à enquêter seul, contre ses propres croyances. Il veut se débarrasser au plus vite de cette affaire, car il subit des pressions venant de sa propre église. Quand Manny se fait assassiner par un membre de la Cathédrale du Troisième Millénaire, il fait jurer à Carl de retrouver le vrai coupable.

Larry Beinhart est un auteur rare, au sens où il sort peu de livres, mais à chaque fois ils sont de grande qualité. On a affaire ici à un sacré thriller qui ne se lâche pas une fois commencé. Le personnage principal est immédiatement sympathique et ses aventures se déroulent avec une logique qui fait que on le suit avec énormément de plaisir.

Et puis, il y a cette charge contre les évangélistes américains. Ils sont ici plus obnubilés par l’argent et au delà de cela par le pouvoir, que par la foi. Et Larry Beinhart utilise un artifice toujours efficace : un membre de la congrégation remet en cause ses croyances. Et il nous fait une charge contre cette Amérique paranoïaque, qui voit dans les gens différents des coupables en puissance. Le tableau dressé est d’une telle intelligence, d’un tel réalisme que cela fait froid dans le dos.

Et Larry Beinhart fait montre de tout son talent. Dans le Biliothécaire, les descriptions étaient nombreuses, avec peu de dialogues. Ici, les dialogues sont nombreux, comme pour montrer que le business des évangélistes passe par la négociation et la persuasion. Et il est formidablement doué dans son domaine, et c’est ce qui m’a fait peur dans ce livre. Les arguments sont effrayants. Le propos est d’ailleurs suffisamment étayé pour éviter de généraliser ou remettre en cause les croyances des gens. Le message est explicite : Pas besoin d’évangélistes pour vous pomper votre argent, votre croyance est avant tou en vous. Et n’oubliez pas que l’Amérique est le pays des libertés et que tout le monde doit avoir le droit de penser et dire ce qu’il veut.

J’avais adoré Le Bibliothécaire, j’ai beaucoup aimé cet Evangile du billet vert. Deux petits reproches me sont venus au cours de la lecture. Tout d’abord la construction en petits chapitres donne du rythme à l’histoire mais je n’aime pas quand on coupe une scène en plusieurs chapitres. Ensuite, l’esprit de Manny vient à plusieurs reprises aider Carl dans son enquête, et même si la spiritualité de cette apparition a sa place dans l’histoire, cela me paraît superflu pour l’intrigue en général.

Au global, c’est un très bon thriller qui fait réflechir, voire même qui donne des frissons dans le dos par le portrait de la société américaine si paranoïaque que Larry Beinhart nous décrit. Vous pouvez l’acheter les yeux fermés, vous allez adorer. Un roman qui donne à réflechir, cela ne court pas les rues.

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2 réflexions sur “ L’évangile du billet vert de Larry Beinhart (Série Noire) ”

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