La vie est un sale boulot de Janis Otsiemi (Editions Jigal)

L’occasion fait le larron. Une grande chaîne de distribution (commençant par FN et finissant par AC) a décidé de faire une thématique polar africain. J’ai trouvé cela original, et je me suis rappelé que j’avais un livre caché au fond d’une de mes bibliothèques. D’où ce très bon roman noir (sans jeu de mot) de Janis Otsiemi. Ceci fait partie de mon défi sur la littérature policière des 5 continents dont voici le lien.

La vie est un sale boulot raconte l’histoire de Ondo Mba Alex, dit Chicano et de sa bande. Chicano, Ozone et Lebegue prévoient de faire un casse chez Farrad, un Arabe qui tient un magasin de luxe. Farrad doit être intercepté alors qu’il va déposer sa valise d’argent à la banque. Le coup est bien prévu : Lebegue teint en joue la femme de Farrad et les deux vendeurs, Chicano reste au volant de la voiture pour prendre la fuite, et Ozone doit récupérer l’argent.

Mais alors que Ozone file un coup de poing à Farrad, celui-ci ne se laisse pas faire et Ozone lui tire une balle dessus. « L’Arabe avait attrapé le pruneau sur le front comme on attrape un rhume. Ozone s’enfuit en courant, Lebegue s’éclipse et Chicano se fait serrer par des agents de la Société Gabonaise de Sécurité.

Après quatre années passées en prison, Chicano va sortir. En effet, il bénéficie de la grâce présidentielle. C’est inespéré, car cela n’arrive qu’à ceux qui sont condamnés à de faibles peines. Une fois dehors, il est plein de bonne volonté, veut trouver un travail, retrouver Mira, celle qu’il aime. Mais, il est bien difficile de trouver un travail quand on n’a pas de certificat, et Mira est enceinte d’un autre.

En introduction du livre, on trouve un extrait de L’instinct de mort de Jacques Mesrine. Il y est dit : « Un ex-condamné ne sera jamais quitte de sa dette, même après l’avoir payée. » Et voilà tout le drame qui se joue dans ce petit roman de 130 pages. Avec une intrigue classique, Otsiemi nous offre un voyage à Libreville, Gabon. Les personnages sont bien dessinés, et après nous avoir décrit le parcours de Chicano, il nous plonge dans les méandres de la corruption de la police judicière.

Car la grande qualité de ce roman est bien là : grâce à sa grande faculté à raconter des histoires, Otsiemi nous fait voyager. Son style est empreint du langage de là-bas, les dialogues viennent de ces contrées lointaines, les ambiances sont alourdies par le soleil, les expressions viennent du parler local. Tout au long du bouquin, je n’ai pas arrêté de m’extasier devant ce Français adapté. Et n’ayez crainte, on comprend parfaitement l’histoire.

Par ce voyage sur ce grand continent que je n’ai pas encore visité, je vous conseille vivement de lire ce livre, qui restera dans ma mémoire comme une carte postale colorée. Une très bonne découverte.

8 réflexions sur « La vie est un sale boulot de Janis Otsiemi (Editions Jigal) »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.