Le fils des brulés de Laurent Brard (Plon)

Alors, voilà donc le deuxième volume de la série Nuit Blanche de Plon. Celui là, je le guettais pour le sujet qui me plaisait bien. Et puis c’est l’occasion de découvrir un nouvel auteur français.

Oscar Bellem n’a pas eu une enfance facile. Mais il s’est acharné à travailler pour nourrir sa sœur, et lui permettre de faire des études. Et, par miracle, il est reçu au concours de l’administration pour entrer dans la police. Comme tous les jeunes, il a un rêve : celui de devenir scénariste pour le cinéma. C’est ce rêve qui va le perdre.

Un week-end, alors qu’il est de permanence au commissariat de Talernes, une jeune fille de 14 ans disparait. Ses parents ne croient pas à la fugue, mais lui les éconduit poliment pour avancer sur son scénario. Le lendemain, la petite Cecilia est retrouvée éventrée, avec une croix gravée sur le front. C’est la fin de Bellem. Il est montré du doigt par tout le monde, de sa hiérarchie aux média. Alors, on le met dans un placard. Un placard qui va durer douze ans. Le coupable ne sera jamais découvert.

Douze ans après, il obtient sa mutation à Sarole, une petite bourgade située à 100 km de Talernes. Il envisage de donner sa démission, pour se rapprocher de sa sœur et pour monter un camp de vacances pour pêcheurs, avec des pédalos, des jeux. C’est alors qu’il reçoit un mail au commissariat citant des anecdotes privées, lui parlant à demi-mot du dramatique assassinat de Cecilia et lui demandant : « Que feriez vous si l’histoire recommençait ? »

Ce que Bellem a toujours essayé de nier, ce qu’il a toujours essayé d’oublier, lui revient directement dans la figure. Alors que la police croit à un canular, Bellem se demande ce que tout cela veut dire. Une allusion du mail dit que tout a commencé ici, à Sarole. Bellem apprend alors qu’une famille a été massacrée à la même date que la mort de Cecilia. C’est ce que tout le monde appelle l’affaire du Fils des brûlés. Bellem se doit de comprendre.

Ce résumé rend bien peu hommage à la façon dont Laurent Brard a mené son intrigue. J’en ai fait un résumé chronologique, alors qu’en réalité, au milieu de l’histoire de Bellem viennent s’insérer des chapitres concernant Antoine, le fils des brûlés. Le procédé est classique, mais permet d’une part d’ajouter au mystère de l’ensemble, et d’autre part de manipuler le lecteur sur de nombreuses pistes, forcément fausses.

Je m’attendais à un bouquin avec un superbe personnage de flic en plein naufrage. C’est vrai et faux à la fois. Certes, il est marqué par le meurtre inexpliqué de Cecilia dont il se sent coupable, mais il a avant tout pour objectif de quitter cette vie de flic où il se sent inutile. Douze ans passés dans un placard, c’est long !

L’autre aspect de ce personnage est qu’il est incompétent. Il n’a pas eu l’occasion de faire ses preuves en tant que policier qu’on le mettait déjà au placard. Le résultat est qu’il n’a aucune idée sur la méthodologie à employer pour mener son enquête, qu’il ne sait pas comment agir avec les gens, qu’il ne sait pas quelles questions poser. C’est un paumé sympathique, qu’on aime bien, qu’on imagine bien en grand dadais, et on sent bien l’amour de l’auteur pour son personnage.Mais il n’y a pas que le personnage qui est intéressant dans ce roman.

Il y a cette ambiance village ou petite ville. Sarole, un endroit où il ne se passe jamais rien, un endroit où les gens savent tout sur tout, un endroit où les gens ne disent rien sur rien. Remarquablement traité car non seriné à toutes les pages, Laurent Brard arrive à nous faire ressentir cette ambiance de surveillance perpétuelle. On a l’impression que les gens sont cachés derrière leurs rideaux à épier ce qui se passe dans la rue, pour mieux répéter au bar du coin ce qu’ils ont vu. D’ailleurs, je me demande si Sarole existe ou si il l’a inventé de toutes pièces.

Alors, bien sur, ce livre n’est pas un chef d’œuvre. Il y a parfois des redites et à mon goût trop peu de dialogues Mais il y a une vraie qualité pour la description des ambiances et des gens ruraux, de ces habitudes que j’appellerais ancestrales d’avoir de bonnes relations envers ses voisins tout en essayant de savoir un maximum de choses sur eux, de cette curiosité qui peut s’avérer malsaine. De quoi aiguiser ma curiosité pour le prochain livre de Laurent Brard.

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