Un nageur en plein ciel de Lorent Idir (Rivages Noir)

Voilà un livre bien particulier, que l’on m’a chaudement recommandé. Mes critères de choix pour un livre sont simples : Il y a d’abord les auteurs que j’adore et dont je lis les livres quand ils sortent. Il y a ensuite les articles sur les blogs. Il y a enfin les conseils des amis, qui s’ils sont convaincants, font que je craque pour un bouquin. Ce roman fait partie de mon défi sur la littérature policière des 5 continents dont voici le lien.

Le livre est découpé en deux parties : Le livre d’Amar et le livre de Lorent. Il est donc difficile de résumer le livre en ne parlant que de la première partie et pas de la deuxième, ou au contraire de parler des deux parties et d’éventer toute l’histoire. Alors, comme c’est un livre particulier, je vais faire un article particulier.

Je ne vais pas faire de réumé des cinquante premières pages, mais parler du sujet. C’est l’histoire d’une famille d’immigrés. Le père Saïd Ben Bourriche est un ancien Harki, qui lutte pour devenir un vrai Français. Sa vie oscille entre le boulot de chantier et le bistrot du soir. Et quand il rentre bourré, commencent des scènes de ménage, voire même il tape sa femme Zakia. Et il y a les enfants Noria, Sonia et Amar. D’ailleurs la première partie est vue par les yeux de Amar. Il raconte des morceaux de sa vie, ou du moins ce qu’il en interprête.

Et comme tout ce que racontent les enfants, c’est parfois imagé, parfois poétique, parfois drôle, parfois triste, parfois cruel, parfois poignant. La première partie qui s’appelle donc Le livre d’Amar est très bien écrite. On a vraiment l’impression qu’elle est écrite par un enfant de dix ans. Et, de souvenirs en ellipses, d’impressions en sentiments, Amar nous montre ce qu’était la vie d’un enfant, balotté entre son appartement minable et le bar où son père se saoûle, entre le sanatorium où on est sensé soigner sa soeur Sonia et l’école avec les copains et les bétises.

Et puis, il y a le livre de Lorent, quelques dizaines d’années plus tard. Les espoirs du père de devenir français ont laissé des enfants sans racines, sans forcément d’amertume, mais sans aucun lien auquel se raccrocher. Lorent est le neveu d’Amar, le fils de Noria. Noria est à l’hôpital, la famille se donne rendez vous, se réunit, se ressoude. Le ryhtme de l’écriture change, plus directe, plus franche, plus violente aussi. On retrouve la cadence des chansons rap dans cette deuxième partie, comme pour marquer aussi la différence de vie entre hier et aujourd’hui. Amar est là, lui aussi; il est devenu l’oncle, comme un modèle, un repère. En grandissant, il a gardé cette habitude de raconter des histoires. Et Lorent s’en est servi. Et puis arrivent les dernières pages, et des frissons me parcourent l’échine en essayant de me tirer au moins une larme … Dur.

Au global, c’est un livre très stylisé et totalement à part. Ce n’est pas un livre policier, ni un roman noir, mais une chronique familiale, sociale et dramatique. Parfois un peu difficile à suivre tant les ellipses et les rêves d’Amar passent d’un sujet à un souvenir, mais indéniablement très agréable à lire. Et aussi très intéressant. Alors, comme c’est un livre de poche, qu’il ne coûte pas cher, et qu’il est court, faites donc ce petit voyage dans la famille de Lorent. Cela fourmille d’anecdotes et de personnages si réalistes avec une fin très réussie. J’espère que ce livre annonce la naissance d’un auteur … un futur grand.

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