Faux semblants de Guillaume Fortin (Editions du polar)

Voilà une curiosité, parue en fin d’année dernière. Son auteur m’a contacté directement pour me proposer son livre et lui dire ce que j’en pense. Et cela donne un polar très intéressant. En voici donc le début de l’intrigue :

Marseille, aujourd’hui. Le commissaire Lébovitch est tout juste sorti de l’école et se retrouve à la tête d’une petite équipe dont le commandant Marquez et les lieutenants Vidal et Mariani. Depuis cette loi voulant limiter les corruptions dans la police, les commissaires changent de lieu géographique tous les deux ans. Lébovitch se retrouve donc en terrain inconnu à Marseille, au milieu d’une équipe qui fait son travail et finit sa journée au bar pour l’apéritif à écouter les blagues sexistes et homophobes de Marquez, le bout en train du groupe.

Dans un petit hotel sordide qui sert aux prostitués masculins, on retrouve un homme de 55 ans qui a été assassiné d’horrible manière. Il a d’abord été assommé, avant d’être éviscéré et sodomisé à l’aide d’un gourdin on d’un objet y ressemblant. Il s’agirait d’un client venant profiter de rencontres sexuelles masculines. Alors, dans le quartier, c’est la panique : tous les prostitués pensent que c’est à eux qu’on en veut et non à leurs clients, comme le confirme Galinette, un travesti lors de son entretien avec le commissaire Lébovitch.

Lébovitch, persuadé qu’il a affaire à un psychopathe ou du moins à un malade mental, se renseigne auprès des institutions psychiatriques puis auprès des psychiatres. Mais tous lui opposent le secret médical. Tous sauf une : Marie-Claire Savy. Un de ses patients en analyse, Benjamin Reynaud, est un prostitué travesti. Il a toujours été obsédé par le sexe masculin comme un signe de virilité. De fellations en rencontres sexuelles, il en vient à se prostituer puis à se travestir. Cette spirale de l’enfer équivaut pour lui à un suicide, qu’il a déjà essayer de faire durant son adolescence chaotique.

Bientôt, un deuxième meurtre similaire au précédent survient. Il a lieu dans un petit hôtel, l’hôtel Horizon. Là aussi, les prostitués et leurs clients prennent une chambre pour leurs ébats. Là aussi, le client a le ventre ouvert et a subi une sodomie post-mortem. Mais l’interrogatoire du veilleur de nuit arabe ne les aide pas beaucoup. Plus l’enquête avance, plus les coupables en puissance sont nombreux, plus les notables sont impliqués, plus les pistes se multiplient.

Voilà une bonne surprise avec ce premier roman. Il y a d’abord les personnages fort bien dessinés par leurs actes, sans effet de style inutile. L’oppositon vieux flic / jeune flic est certes classique. Mais quand on y ajoute une psychologie opposée, cela donne une facette d’autant plus intéressante. On se retrouve avec un vieux flic en apparence homophobe qui succombe à la chair homosexuelle et un jeune flic obsédé par son boulot et aveuglé par ses convictions, se demandant comment s’y prendre, perdu dans son travail et dans sa sexualité.

Il y a un style aussi, tendu, court, tranchant qui étonne au premier abord mais auquel on s’habitue rapidement. Et avec cela, Guillaume Fortin a un sens des dialogues qui est superbe, et qui fait avancer l’histoire. Car il ne faut pas chercher de grandes descriptions, tout avance surtout grace aux situations et aux oppositions (interrogatoires) des protagonistes. Et malgré le sujet sanglant, les scènes de crimes ne sont pas mises en évidence de façon outrageante, il faut juste signaler que les scènes de sexe, elles sont explicites. Donc c’est tout de même un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Enfin, plus le livre avance et plus les pistes se multiplient, à tel point que pendant un moment j’avais compris de quoi il retrounait et que soudain, toutes mes certitudes étaient balayées en quelques paragraphes. C’est très plaisant pour le lecteur d’être manipulé même si j’ai trouvé le livre un peu court. Pour finir, l’exemplaire que j’ai eu entre les mains comportaient par moment de nombreuses fautes d’orthographe ou de frappe. J’espère que cela a été corrigé car cela m’a vraiment gêné. Une bonne découverte d’un premier roman dont j’espère qu’il sera suivi par de nombreux autres.

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