Matriochka de Claude Iconomou (Points de vue)

Lors de mes vacances d’été, j’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur et de discuter une petite demi heure avec lui. Je lui avais promis de lire son livre et de le chroniquer ici même, donc voici Matriochka, livre auto édité très sympathique qui sent bon le témoignage vrai d’une région gangrenée par les affaires.

Saintes-Mers est une petite ville du sud-est de la France. Avec ses petites entreprises et ses agriculteurs, la vie y était paisible. Puis, dans les années 90, les entreprises disparaissant, le chômage augmente, et le prix du m² explose. Cela a modifié la vie de cette petite ville dont les élus ont vite compris qu’ils avaient intérêt à rendre les terrains habitables, ce qui permettrait aussi aux agriculteurs de vendre leurs terrains plus cher.

En 1991, la guerre fait rage pour récupérer la moindre parcelle de terrain. Les Linelli, un couple sans histoire, subissent des pressions pour vendre à bas prix leur maison. L’argument est que l’acte notarié fait lors de leur héritage a été mal fait et qu’ils ne sont en réalité pas propriétaires de leur bien. La police ne les aidant pas, ils vendent à des gens qu’ils ne connaissent pas, qui meurent le jour même dans un accident de voiture provoqué par un mystérieux tueur motard masqué.

Deux ans plus tard, Dans la cité nord de Saintes-Mers, deux dealers, Samir Smalah et Eric Dumas, sont tués d’une balle dans la tête. Leur chef, André Lo Bianco dit le gitan, est aussi assassiné de la même façon à Nice. Peu de temps après, c’est le conseiller municipal en charge de l’urbanisme, le docteur Lejay, qui est tué. Cette accumulation de morts dans cette petite ville paisible pousse les politiques à demander à la Police Judiciaire d’enquêter pour trouver les coupables.

Les inspecteurs Revelli et Bonnaud sont donc dépêchés sur place, sous la gouverne du juge d’instruction Baltard. Mais pour autant les meurtres ne s’arrêtent pas. C’est au tour de la femme d’un homme a priori tranquille, Mme Torrez puis à un policier d’être assassinés. Et nous allons suivre cette enquête au travers des inspecteurs mais aussi d’un conseiller municipal et d’un journaliste.

Ce roman sent bon le Var, avec tout le vécu de l’auteur. On a plus l’impression de lire une enquête qu’un roman, et c’est probablement ce qu’il ne faut pas faire. Il faut se dire que ce n’est qu’une fiction. L’auteur a bâti une intrigue complexe à plusieurs personnages, et le tout, même si tout n’est pas parfait, est très intéressant. On est baladé entre mafia, police, politique, journalistes et simples citoyens. Avec une intrigue pour le moins mystérieuse, avec des dialogues très bien faits, le roman se suit et se lit bien.

Malgré tous ces aspects qui rendent ce roman plaisant et sympathique, le style de l’auteur oblige à quelques réserves. Le fait de dérouler l’intrigue de façon chronologique n’est pas gênant en soi, mais mélanger plusieurs personnages dans un même chapitre sans parfois être totalement explicite m’a obligé à chercher de qui on parlait. Il aurait mieux valu dédier un chapitre par personnage, ajouter plus de détails sur la vie privée de chacun pour qu’on arrive à mieux les identifier, à mieux les suivre, et ne pas faire un chapitre par jour, mais un chapitre par personnage par mois.

De plus, les cinquante premières pages sont difficiles à suivre, et c’est quand la PJ entre en jeu et qu’on a affaire à une vraie enquête qu’on commence à s’attacher à l’histoire, et à comprendre la complexité de l’histoire. Il y a un décalage de style entre le début, très direct, presque télégraphique, et la deuxième moitié du livre plus détaillée, plus diserte. Et cette deuxième partie m’a plus intéressé, on est pris dans un tourbillon de pistes, on cherche à dénouer les nœuds, et l’auteur nous maintient bien dans le brouillard.

Avec un sujet ambitieux, cette chronique d’une petite ville du Var m’a permis de rester un peu plus en vancances. Au global, j’ai trouvé ce livre plutot bon, attachant et intéressant malgré ses petits défauts. Si vous saviez ce qui se passe dans le Var …

Vous pouvez faire l’acquisition de ce roman auprès de l’auteur ici ou en contactant directement l’auteur par mail à klean.oiko@aliceadsl.fr. Cela coûte 12 euros et c’est un bon rapport qualité / prix.

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