Novella : Le 6 coups de minuit de Antoine Léger (Paul & Mike)

Voici une novella, un petit roman de 133 pages qu’il serait bien dommage de ne pas lire, car vous pourriez bien passer à coté d’un auteur dont le style est d’une subtilité rare. Quand en plus, cela s’ajoute à une intrigue … intrigante, et bine trouvée, cela donne une excellente surprise comme je les aime.

Commençons par le début, et ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler toute l’intrigue, pas seulement à cause du faible nombre de pages, mais surtout à cause du dernier rebondissement de la dernière page. Le début donc, c’est une préface de Claude Mesplède, notre expert en littérature policière. Claude nous présente ce jeune auteur, et nous parle de sa passion, de sa volonté, de son travail pour construire son style. C’est simple, et surtout cela donne envie.

Moscou, Russie, de nos jours. Le roman s’ouvre sur un homme qui s’installe dans un couloir du métro Kiyevskaya. Les gens passent devant lui, sans plus le voir. « Le propre d’un mendiant, c’est de disparaitre deux fois, d’abord dans le regard des autres, avant de mourir, un jour, comme tout le monde. ». Il s’appelle Vlad, a quarante deux ans, et se balade toujours avec un petit carnet, où il y note des mots, des phrases. Vlad quitte le métro et se dirige vers le sous-sol du CCIM Moskova City, le célèbre centre international d’affaires. C’est là qu’il a rendez vous avec son destin.

Elle est née en Russie. Comme toute nouvelle née, elle ne sait pas où elle est, ni où elle va, ni ce qu’elle va devenir. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle est née dans une usine et que son avenir s’ouvre devant elle … mais quel avenir ?

Nous allons donc suivre ces deux itinéraires, ces deux vies, jusqu’à leur rencontre. En effet, Antoine Léger nous raconte la vie de Vlad, de façon non linéaire, mais de façon suffisamment explicite pour qu’on le suive avec intérêt. Le style de Antoine Léger est très plaisant, subtil, imagé, avec une précision dans les mots, une tendresse dans les phrases que l’on a l’impression de vivre dans une atmosphère cotonneuse. Et d’ailleurs, la vie de Vlad sera emplie de drames avec très peu de moments gais, entre la mort de son père très jeune et sa naturelle solitude, il va nous parler de ses rêves, de ses pensées, des jeux video auxquels il joue. Tout confère à lui faire oublier le réel de sa vie, la monotonie de sa famille, l’inéluctabilité de son destin.

Elle, cette jeune personne mystérieuse, va s’intercaler entre les chapitres consacrés à Vlad. Elle nous livre ses pensées, qui ne dépassent pas une page (ou rarement), et il semble qu’elle a suivi la vie de Vlad depuis sa plus petite enfance. Elle le connait bien, cherche à le connaitre mieux …

Plus le livre avance, plus on est accroché par ce mystère, mais plus on est pris de sympathie pour Vlad. Nous savons que cela va vite se terminer, mais cela va-t-il se terminer bien ou mal ? Car on a beau se laisser bercer par les mots de Antoine Léger, on cherche tout de même à savoir. La dernière page arrive, juste après un chapitre terrible, révoltant, dégueulasse, mais écrit sans violence, avec beaucoup de recul, et c’est d’autant plus frappant. La dernière page arrive et tout le livre devient éminemment logique, bien vu, bien construit, comme un exercice de style, mais aussi comme une démonstration et surtout comme une histoire bien construite. Le 6 coups de minuit est une sacrée découverte.

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