On mourra tous Américains de Roger Facon (Editions du barbu)

Quand j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman, j’ai trouvé le sujet très ambitieux. Comment relier un meurtre du Nord Pas de Calais à la politique américaine ? C’est donc avec beaucoup de curiosité et d’attente que je me suis jeté sur On mourra tous Américains, dont voici le sujet.

Tout commence dans la petite ville de Audin-Blécourt, situé dans le Nord de la France. On est en plein été, c’est la canicule, une canicule qu’on n’a pas connu depuis 1947, foi de mineurs. Le député Gustave Pourchel a été retrouvé abattu par une décharge de chevrotine dans le lit de sa secrétaire Lucette Bovani. La grand-mère de Lucette 76 ans et ses neveux 4 et 5 ans sont aussi retrouvés morts de la même façon, tués dans leur sommeil.

Mathieu Gallangé, le directeur du Républicain d’Audin-Blécourt et propriétaire de la verrerie Bazinghien, mobilise ses troupes : Simon Herbar, rédacteur en chef appliqué et Pistache, pigiste local indépendant et accessoirement pilier de bar. Gallangé sent le bon scoop et Pistache, en vieux de la vieille, observe, sait tout ce qu’il faut savoir sur tout le monde.

Bientôt les cadavres s’accumulent : c’est au tour de Paul Tuchon, dit Tonton, prince des ferrailleurs d’être retrouvé pulvérisé à la chevrotine. Puis c’est le cadavre de Simon Herbar qui est retrouvé dans le coffre d’une 306, abattu par une balle de gros calibre tirée à bout touchant dans le cœur. Dans la chaussette gauche de Simon, les assassins ont glissé une feuille format A4 pliée en quatre où est inscrit : « On mourra tous Américains ».

Pour la suite des événements, il vous suffira de lire la quatrième de couverture qui en dit assez long sur la suite de ce mystère du Nord. Ce petit polar par le nombre de pages se lit vite. Les chapitres sont courts, qui font parler en alternance Pistache et Mathieu Gallangé, en utilisant leur franc parler. Cela donne du rythme à ces enquêtes et c’est très plaisant à lire. Et puis il y a l’humour omniprésent dans les dialogues bien sur mais aussi dans les noms des villages ou des gens qui fleurent bon le Nord de la France.

On a vraiment l’impression de vivre dans cette petite ville, avec les deux enquêteurs à la baguette : Gallangé qui sent le bon coup, le bon scoop avec ces meurtres mais qui est petit à petit rongé par le remords à cause de la mort de Simon, et Pistache qui nous raconte la petite vie de ces petites gens, en racontant tous les petits secrets des uns et des autres. On a l’impression que ces deux personnages nous racontent une histoire qui les dépasse, et c’est tellement bien fait qu’on y croit à fond.

J’avais lu un livre de Roger Facon dans la série Suite noire qui s’appelait Pour venger mémère et il m’avait moyennement convaincu. Celui-ci m’a carrément emballé avec son humour, son style enlevé et vrai et un déroulement de l’intrigue très logique et bien fait. Cela en fait un bon polar bien sympathique qu’il serait dommage de ne pas lire.

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3 réflexions sur “ On mourra tous Américains de Roger Facon (Editions du barbu) ”

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