L’écho des morts de Johan Theorin (Albin Michel)

Pour la deuxième année consécutive, Johan Theorin est sélectionné pour la sélection estivale de Polar SNCF. L’année dernière, c’était pour l’Heure Trouble, un roman brillant pour son intrigue, ses personnages et surtout son ambiance. Cette année, c’est L’écho des morts, que j’ai lu il y a quelques mois.

La famille Westin a décidé d’abandonner Stockholm pour s’installer sur l’île d’Öland. Ils ont acheté une vieille masure, située à côté des deux phares de Aludden. Sur les deux phares, un seul est encore en fonctionnement. Alors que Joakim doit retourner récupérer ses dernières affaires, il est pris d’un pressentiment. Il appelle chez lui et tombe sur une policière de proximité, Tilda Davidsson, qui lui annonce que sa petite fille Livia est morte noyée. Il refait la route inverse, écrasé par le chagrin. Quand il arrive tard cette nuit là, il s’aperçoit que la police s’est trompée, ses enfants Livia et Gabriel vont bien, c’est sa femme Katrine qui s’est noyée.

Tilda vient juste d’être nommée sur Öland, après être sortie de l’école de police. Sa mission sera d’assurer la présence policière sur cette île perdue dans la mer Baltique. Elle est de retour sur la terre de ses ancètres, puisque le frère de son grand-père n’est autre que Gerlof, rencontré dans l’Heure Trouble. Justement, elle a affaire à une série de cambriolages qui va agiter cette île d’habitude si calme.

D’ailleurs, Tommy et Freddy Serelius débarquent chez Henrik. Les deux frères proposent de faire quelques cambriolages pour animer les journées de Henrik, ancien taulard reconverti dans la menuiserie. Ils commencent donc par les résidences secondaires, abandonnées par leur propriétaire alors que l’hiver s’avance à grands pas, puis proposent de s’attaquer à des maisons habitées, pour mettre un peu de piment à leurs expéditions nocturnes.

Tous ces personnages vont voir leur destin se lier, mais les principaux personnages de ce roman, ce sont les morts, qui hantent cette maison d’Öland, tous ces gens qui ont fabriqué ces phares et cette maison avec les bois d’un bateau britannique naufragé, tous ces habitants qui sont morts noyés sur ces rochers glissants, tous ces gens de passage qui ont connu un destin tragique vers ces phares. Ces âmes vont hanter les nuits de Joakim Westin comme ils vont hanter les pages de ce livre.

La construction du livre alterne entre passé et présent, en passant en revue les noms des morts qui sont gravés dans la grange attenante à la maison. Et, encore une fois, Johan Theorin fait fort quand il s’agit de créer une ambiance. Et ici, on approche des ambiances glauques des films d’angoisse, en particulier ceux de M.Night Shyamalan ou Les Autres de Alejandro Amenabar. Et ne comptez par sur Johan Theorin pour accélérer le rythme, il prend son temps et c’en est presque de la torture.

Alors, même si j’ai regretté que Gerlof ait un rôle très secondaire dans cette histoire, même si j’ai trouvé quelques longueurs pour nous décrire les journées de Joakim, il y a de nombreux moments fort bien réussis dans cet Echo des morts. Et la fin est tout simplement une totale réussite. Je pense que globalement, cela reste un cran en dessous de l’Heure Trouble, mais ce roman confirme que Johan Theorin est un auteur d’ambiance à suivre de très près.

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