Les marchands du temple de Philippe Le Marrec (Nuits Blanches)

Les éditions Nuits Blanches m’ont donné l’occasion de découvrir un nouvel auteur, qui n’est pas un néophyte, puisque cela constitue son cinquième roman après entre autres Autopsie d’un carnage, En attendant l’aube et Tout abus sera puni qui a reçu le prix du roman policier au Festival de Cognac en 1993.

Brahim Kervéan est un jeune de banlieue, qui vient de purger 6 années de prison, accusé de meurtre alors qu’il a été perpétré par un de ses amis et qu’il n’a pas voulu le donner. Il surveille un fonctionnaire du ministère de l’intérieur, qui sort de son travail avec un ordinateur portable dernier cri. Sa stratégie est claire : sur le quai de métro, il bouscule le fonctionnaire, s’empare de l’ordinateur et s’enfuit par le RER. Comme il a été formé à l’informatique pendant ses années de prison, il sait comment passer outre des mots de passe.

Dans l’ordinateur, il y a les résultats d’une analyse d’un groupe de 12 personnes, dont la liste a été trouvée lors d’une précédente enquête. Or le corps de Céline,  une jeune femme dont le nom apparaît sur cette liste, vient d’être découvert. Elle a été égorgée chez elle dans sa chambre. Le capitaine Malhuret est sur les lieux, car il enquête sur le vol de l’ordinateur. Il s’aperçoit que les gens de cette liste disparaissent les uns après les autres.

Dans les studios d’une grande antenne, le journal du soir se termine. Clémentine Magnien va voir le rédacteur en chef pour lui annoncer qu’elle a un sujet en or : Des quantités colossales d’actions de société américaines sont vendues et l’argent transite vers des pays arabes ou asiatiques. Or il n’y a aucune raison à ce transfert de fonds. Il conseille à Clémentine de ne pas rester à la surface des choses mais d’enquêter en profondeur, ce qu’elle décide de faire.

De l’autre coté de l’Atlantique, la National Security Agency, dite NSA, surveille toutes les conversations téléphoniques du monde entier. Ils s’aperçoivent que la France commence à s’exciter sur cette affaire alors qu’eux savent de quoi il s’agit. Ils envoient le commandant Kevin Parker en mission. Et tous ces personnages vont se retrouver pour un final …

Qu’il a du s’amuser, Philippe Le Marrec, à nous concocter cette histoire, qui peut sembler abracadabrante mais au final tristement réaliste. Alors, il a forcé le trait, trouvé des arguments grossiers, uniquement pour montrer la débilité et la futilité du monde dans lequel nous vivons, menés par le bout de notre nez par les grandes puissances financières.

Et c’est ce que réussit fort bien Philippe Le Marrec dans son livre : sous couvert de roman d’action à suspense, il nous montre par le détail comment écrouler une entreprise pour mieux la racheter, tout ça pour faire de l’argent. Alors, quand ça se fait au niveau du monde entier, cela devient vertigineux. Evidemment, nous avons le droit à un bon nombre de mystères, de meurtres, de personnages, de lieux différents.

Tous les ingrédients sont là pour que le lecteur soit (sus) pendu à la poursuite de l’histoire. C’est bien écrit, bien fait, avec des chapitres courts, alternant d’un personnage à l’autre, c’est prenant sur toute la durée … jusqu’à la chute, qui va vous faire (sou) rire jaune. Philippe Le Marrec m’aura manipulé comme il le fait avec ses personnages. Ce bon roman s’avère aussi agréable qu’il est instructif, mais il vaut mieux ne pas trop y réfléchir pour ne pas déprimer.

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