Le chant du converti de Sebastian Rotella (Liana Levi)

J’avais découvert Sebastian Rotella avec Triple Crossing, et un personnage principal fort attachant Valentino Pescatore. Celui-ci faisait partie de la police des frontières américaine et était entrainé dans une aventure qui allait le mener vers la triple frontière.

Revoici donc Valentino, devenu Valentin à la faveur d’une erreur lors de la rédaction de son passeport. Il a décidé de poser ses valises en Argentine et travaille pour Facundo qui y possède une agence de détectives privés. Alors qu’il est installé dans un bar, son plus vieil ami d’enfance Raymond, dit Ràmon l’accoste. Cela fait dix ans qu’ils ne se sont pas vus, depuis ce jour là où ils se séparèrent avant une transaction de drogue.

Ils étaient inséparables, Ràmon était plus vieux d’un an et faisait office de « grand frère » pour Valentino. En grandissant, Ràmon alla dans une école privée, Valentino dans le public. Ràmon faisait toujours des bêtises et Valentino suivait. En grandissant, Ràmon fit du trafic de drogue et voulut clore une affaire en tuant son client ; ainsi il récupérerait l’argent et la drogue. Mais Valentino ne fut pas d’accord et ils se séparèrent … pendant 10 ans.

Assis dans le bar de l’aéroport de Buenos Aires, ils rattrapent le temps perdu, même si Valentino parle plus que Raymond. La seule chose que Valentino apprend, c’est que Raymond s’est converti à l’Islam. Quand Facundo appelle Valentin pour se rendre sur le lieu d’un attentat dans un centre commercial, la vie de Valentin va basculer. Facundo est atteint d’une crise cardiaque, et les services secrets arrêtent Valentin car ils trouvent sur son téléphone portable un appel de Raymond en lien avec l’attentat. De là à penser qu’il est complice, il n’y a qu’un pas.

Valentino, personnage hautement sympathique, après avoir été balloté des Etats Unis à l’Argentine en passant par le Mexique, se retrouve à nouveau en plein cœur de l’action, mais bien involontairement cette fois. Car c’est bien par la faute de son ami d’enfance qu’il est malmené de l’Argentine en passant par la Bolivie ou la France. Contrairement aux romans d’espionnage classiques, qui vont passer des heures à nous décrire les pays visités pour mieux imprégner le lecteur de l’ambiance, Sebastian Rotella leur oppose un style direct pour se concentrer sur son propos. Evidemment, on aura droit à quelques ingrédients liés au genre, tels des espions méchants, des scènes d’action rapides, ou bien une belle espionne venant de … France.

Car Sebastian Rotella, journaliste de son état, préfère le message au style. Une nouvelle fois, il nous démontre les ramifications du trafic de drogue avec les factions terroristes, les petits arrangements des grands pays industrialisés et surtout les victimes de grandes décisions que l’on nommera pour l’occasion dommages collatéraux.

Il y a des passages que j’ai beaucoup aimés, comme ceux où Pescatore s’interroge sur les us et coutumes d’un pays. Et cela devient encore plus intéressant quand il parle de la France, quand il demande si cela ne gêne pas la population quand les policiers ne demandent les papiers qu’à des personnes immigrés. En fait, on se rend compte que Sebastian Rotella, en bon reporter, parle de ce qu’il connait bien, des pays qu’il a visités et où il a habité.

Pendant la plus grande partie du roman, on ne sait plus à quel saint se vouer. Valentino rencontre un nombre de personnages impressionnants, se présentant comme des policiers, ou des espions, ou des trafiquants, et si on n’est jamais perdu dans la narration (ce qui est un point très positif de ce roman) on se pose beaucoup de questions dont on n’aura les réponses qu’à la toute fin, une fin très moderne … enfin, je me comprends.

Comme cela semble être une habitude avec Sebastian Rotella, Le chant du converti s’avère être un polar d’espionnage intelligent, où l’on apprend plein de choses, en particulier sur les relations troubles entre les différents états, et même sur les ramifications du terrorisme international, qui est bien plus efficace que les lenteurs des services de contre-espionnage des pays occidentaux. Ça va vite, ça part dans tous les sens et chaque lecteur y trouvera de quoi satisfaire sa soif de divertissement ou de curiosité.

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