L’honorable société de Dominique Manotti & DOA (Série Noire Gallimard)

Ça y est, je m’attaque enfin à ce roman tant attendu, issu de la rencontre entre deux grands auteurs français de romans noirs. Le résultat est à la hauteur de l’attente, c’est un très bon roman.

Nous sommes en pleines élections présidentielles. Trois jeunes gens piratent le microordinateur de Benoît Soubise à distance. Ils ont accès à son contenu ainsi et visualisent son appartement via la webcam. Soubise doit rejoindre sa maîtresse, quitte son appartement, mais il a un accident de voiture sur le trajet. Il revient chez lui et surprend des voleurs chez lui. L’affrontement aboutit au meurtre de Soubise et les trois jeunes assistent à l’événement en direct. Ils l’enregistrent sur une clé USB et décident de disparaître.

La brigade criminelle, sous la férule de Pétrus Pâris, constate que l’ordinateur de Soubise a disparu. Ils s’aperçoivent que Soubise, officiellement ingénieur pour un sous-traitant d’AREVA, est en fait officier de police aux Renseignements Généraux. De même, la maîtresse de Soubise, s’avère être la directrice juridique de PRG, le numéro un mondial du BTP. Cette première place lui a été facilitée grâce aux contrats dans le domaine nucléaire.

Evidemment, les deux candidats sont impliqués dans cette affaire, plus ou moins directement. Guérin, le candidat de la droite, a fait de grosses promesses aux industries du BTP en cas de succès aux présidentielles. Quant à Schneider, le challenger, il a par le passé eu des contacts avec les milieux écologistes. Pâris va devoir démêler cette affaire quitte à fourrer son nez là où il ne faut pas.

Écrire un roman à quatre mains n’est pas chose aisée. Il y a un risque de voir des dissonances dans l’intrigue, des passages écrits avec un style différents, des aberrations. Mais comme les sujets traités par Dominique Manotti et DOA sont proches, le livre a une cohérence qui fait que les quatre mains n’en deviennent plus que deux.

Aux analyses des luttes pour le pouvoir apportées par Dominique Manotti, vient s’ajouter l’art de DOA pour décrire les sous marins, ceux qui oeuvrent sans qu’on le sache. Il y ajoute un certain sens du rythme, là où Manotti excelle dans les dialogues qui claquent. Ne venez pas chercher dans ce roman des descriptions de lieux ou de personnages longues de plusieurs paragraphes. Ici, une phrase suffit. Le mot d’ordre, c’est l’efficacité.

Et ça marche super bien. L’intrigue se lit très rapidement, on suit les personnages un par un sans difficulté (et il y en a beaucoup !), et on se prend à penser que le sujet est des plus plausibles, voire on se demande si tout n’est pas vrai. Parfois, on se dit que certains fils de l’intrigue sont faciles, mais on est vite repris dans le rythme par la suite. Pour ceux qui ne connaissent pas le monde de ces deux auteurs, ce roman en est une excellente introduction, pour les autres, ils auront l’impression d’être dans un domaine connu et comme toujours c’est de la belle ouvrage.

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