La mort au détail de Dirck Degraeve (Riffle noir)

Depuis une lecture de riffle noir qui était Eclipse d’une nuit d’hiver de Richard Albisser, et une rencontre très accueillante lors du salon du livre, je surveille les publications de cette maison d’édition. La publication du petit dernier va me permettre d’ajouter un nouvel auteur à ma liste déjà bien fournie.

Noel 2007, Saulmères. Une baraque à frites a pris feu. Tout le monde pense à une arnaque à l’assurance et Corinne Maresquier est chargée de l’enquête. Quand Papy Malou est retrouvé assassiné chez lui, tout le commissariat est sur le pied de guerre. Car c’est un personnage sans histoire, ancien artisan à la retraite, et parce que un meurtre dans cette ville du nord est toujours un événement exceptionnel.

Le commandant de police Jacobsen est naturellement chargé de l’enquête et on lui octroie Corinne. L’enquête montre rapidement que sa femme, à moitié sourde n’a rien entendu, et que Georges Malou participait bénévolement à de nombreuses associatives dont Caritas qui vient en aide aux immigrés clandestins qui cherchent à rejoindre l’Angleterre. Mais pourquoi donc ce retraité paisible a-t-il été tué par une balle de 9mm, arme utilisée plutôt par de grands malfaiteurs ?

Papy Malou se révèle un personnage un peu plus trouble qu’un paisible artisan à la retraite. Il était plus intéressé par les notables de la ville que par le bénévolat, et c’était un joueur invétéré. En parallèle, les baraques à frites flambent. Antoine Bernard est retrouvé assassiné dans les restes calcinés de l’une d’elles, alors qu’il avait contacté Jacobsen pour lui donner des informations. Les pistes pleuvent, les mystères s’épaississent pour aboutir à un final …

Je ne vous en dirai pas plus, car l’enquête policière, au demeurant classique, est prenante et surprenante à souhait. Le principe de l’auteur est simple : nous donner des dizaines de fausses pistes avant de patiemment démêler les fils qu’il a lui-même emmêlé. Et c’est d’autant mieux fait que l’on suit un couple de policiers qui sont des gentils, amoureux l’un de l’autre sans oser franchir le pas de la vie commune, deux beaux personnages qui ont souffert, qui ont le remède à portée de leur main sans oser le prendre.

L’autre chose qui m’a plu, c’est la description de la vie en province. C’est remarquablement bien fait, quand il s’agit de décrire les relations entre les gens, les petites inimitiés, les on-dit que l’on entend au café. Et je suis d’autant plus époustouflé que la ville est totalement inventée par l’auteur et qu’elle nous semble à nous, lecteurs, terriblement vivante. On pourrait même faire le plan de la ville voire des environs, rien qu’en lisant ce livre.

Enfin, il y a le sujet, cette ville qui a vécu innocente, presque protégée des horreurs modernes, et qui se réveille en plein milieu d’un monde qu’elle ne comprend pas. Le réveil est dur, avec ces notables qui n’ont pas plus de respect envers leurs électeurs qu’envers des chiens, avec ces pauvres immigrés qui survivent dans ce que les gens du coin appellent la jungle (c’est dire !), avec ces associations caritatives qui profitent du système voire de ceux qu’elles sont censés aider, avec ces flics haut gradés qui sont à moitié cow-boys ratés, à moitié obnubilés par les chiffres.

Avec ce livre, qui décrit une vérité hallucinante que nous connaissons mais qu’il est bon de rappeler, vous découvrirez une région qui subit, des gens simples qui vivent sans tout comprendre, des immigrés clandestins que tout le monde voudrait nier ou gommer, et une bonne histoire policière classique avec des personnages attachants. Nul doute que je vais revenir voir du coté de l’œuvre de Dirck Degraeve, car j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Un autre avis passionné de Dup chez Book en stock ici.

3 réflexions sur « La mort au détail de Dirck Degraeve (Riffle noir) »

      1. Non, tu es bien gentil, mais ça ne changera rien à mon problème de TEMPS… et ce problème là est épineux ! Faudrait que j’arrête de lire les blogs amis, de poster des comm, de répondre, bref, couper le Net durant 1 an et là, je gagnerais du temps… :/

        Bon, me faut un arrêteur de temps…

        J'aime

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