Un père idéal de Paul Cleave (Sonatine)

un père idéal

Après Un employé modèle, premier thriller de Paul Cleave, il fallait absolument que je lise le deuxième tant l’originalité et le cynisme du premier m’avait plu. Eh bien, celui-ci est totalement différent, avec des ressemblances.

Edward n’a pas eu une vie facile. Ayant passé une enfance heureuse, son père Jack se fait arrêter devant sa famille. Edward, qui a 9 ans, restera marqué par cet événement. Son père est condamné à perpétuité pour avoir assassiné 11 prostituées, et tout le monde va faire le parallèle entre Jack et Edward. Un an plus tard, sa mère mourra par suicide et sa sœur deviendra prostituée droguée et mourra d’overdose. Elevé par ses grands parents, il va se reconstruire.

Vingt ans plus tard, Edward vit heureux entouré de sa femme Jodie et de sa fille Sam. Il est devenu comptable, comme sa femme mais ils ne travaillent pas dans la même entreprise. Au moment de Noel, qui est très chaud en nouvelle Zélande, ils envisagent de changer de maison, acheter quelque chose de plus grand avec au moins une pièce supplémentaire.

Ils prennent rendez vous à la banque pour se renseigner sur leur futur emprunt. A ce moment là, six truands entrent pour braquer la banque. Ils assomment le vigile, et descendent le responsable de la banque. Pour ressortir, ils envisagent de prendre en otage une caissière. Edward, n’écoutant que son courage, leur demande de partir puisqu’ils ont ce qu’ils veulent. Ils décident alors de prendre Jodie en otage et lui tire dans le dos devant la banque. Fou de douleur, il doit gérer sa nouvelle vie sans Jodie. La police n’avançant pas assez vite, il se demande s’il ne doit pas les chercher lui-même, jusqu’à ce que son père lui téléphone pour la première fois depuis vingt ans.

Ce n’est pas facile d’avoir un père serial killer. Tout le monde pense alors que vous ètes comme lui, ou que ce n’est qu’une question de temps, que votre destin est de suivre les traces sanglantes de votre généalogie. Le drame qui lui tombe dessus va chambouler sa petite vie et le plonger dans un enfer qu’il a toute sa vie cherché à éviter.

La première partie de ce livre est tout bonnement bien faite, et ce roman est à la fois comparable à son précédent roman, Un employé modèle et très différent. Comparable au sens où c’est un roman qui oscille entre roman noir et thriller, où la qualité de l’intrigue et de l’écriture fait qu’on tourne les pages très rapidement sans avoir envie de s’arrêter. Différent, au sens où il n’y a plus cet humour noir voire ce cynisme que j’avais adoré dans le premier. Et Paul Cleave s’avère aussi doué et à l’aise dans les dialogues, que dans les scènes intimistes ou les scènes d’action.

Si on lit ce roman au premier degré, on se retrouve avec un roman course poursuite où le chasseur devient le chassé, avant de redevenir le chasseur. Au second degré, l’auteur ne tombe pas dans le piège de l’apologie de la vengeance, grâce à des scènes de meurtres quelque peu humoristiques dans le style « je ne l’ai pas fait exprès », et c’est tant mieux à mon goût car moins subversif.

Si ce n’est pas un chef d’œuvre, ce roman est un excellent divertissement, un Page-turner impitoyable, un appel à des nuits blanches. L’intrigue me semble mieux construite, la spirale infernale fort bien construite, et la narration orientée vers la psychologie de Edward. C’est une nouvelle démonstration que Paul Cleave sait partir d’une idée originale pour en faire des romans passionnants. Il est à signaler tout de même quelques scènes sanglantes à ne pas mettre entre toutes les mains.

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