Samedi 14 de Jean Bernard Pouy (Editions de la Branche)

Je connais les éditions de la Branche pour leur collection suite noire, dirigée par Jean Bernard Pouy, qui était un hommage à la série noire d’antan, et qui comportait 36 volumes. Voici une nouvelle collection dirigée par Patrick Raynal, qui s’appelle Vendredi 13, et dont le principe est de situer un polar un vendredi 13, justement. Et quoi de mieux que de l’initialiser par Monsieur Jean Bernard Pouy lui-même ?

Maurice Lenoir est un cinquantenaire qui vit tranquillement de sa retraite dans un petit village de la Creuse. Petite maison, petit jardin, petite vie tranquille peinarde. Tout se gâte le jour où les CRS débarquent. Mais ils n’ont rien contre Maurice, ils ont été chargés de protéger ses voisins, les Kowa, dont le fils a été nommé ministre de l’intérieur la veille, un vendredi 13. Il semblerait que cette journée porte malheur à Maurice.

Les CRS donc vont sécuriser la zone proche des Kowa, et fouiller consciencieusement la maison de Maurice. Ils vont découvrir dans son jardin des plants de cannabis et vont l’emmener au poste. Mais les gendarmes oublient de fermer la cellule à clé et Maurice va rentrer chez lui, avant de prendre la poudre d’escampette par mesure de prévention.

Dormeaux, fonctionnaire de la DCRI, va assister à ce fiasco. Maurice Lenoir s’avère être en fait Maxime Gerland, le célèbre chef du groupe terroriste Van Gogh. Ce groupuscule dont deux membres sont en prison coupait une oreille à des dirigeants de grandes entreprises. Alors que Dormeaux va subir la pression de sa supérieure Yvonne Berthier, Gerland va fomenter sa vengeance.

Du grand Pouy ! Pas le meilleur, à mon avis, mais un très bon cru. Quand on demande à monsieur Pouy de partir du sujet suivant : « écrire un polar se déroulant le vendredi 13 », il écrit un polar se déroulant le samedi 14. On peut appeler cela l’esprit de contradiction, ou la volonté d’être rebelle.

Il n’empêche que le roman se lit avec beaucoup de plaisir, avec de bons mots, des tournures de phrases qui portent à sourire, et la démonstration que dans cette histoire, à partir d’un grain de sable dans les rouages, les autorités de l’état se mettent à trembler devant un paisible retraité.

Il n’y a pas de psychologie interminable, la règle étant que les actes et les paroles suffisent à décrire un personnage. Les gentils ne sont pas tous gentils, les méchants ne sont pas tous méchants, et quand tout le monde se prend une bonne claque dans la figure, j’avale les pages à la vitesse du son en me disant : Voilà un bon polar comme j’aimerai en lire souvent.

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