Quand les anges tombent de Jacques-Olivier Bosco (Jigal)

Depuis le Cramé, je suis un grand fan de JOB, traduisez Jacques-Olivier Bosco, parce qu’il sait allier des intrigues fortes avec un rythme de narration qui fait penser aux meilleurs films d’action. Si l’on ajoute à cela des thèmes de prédilection, on peut se dire que l’on n’est pas dépaysé quand on ouvre un de ses romans. Et pourtant, ce bonhomme-là arrive à se renouveler … pour notre plus grand plaisir.

De nos jours, dans un avion de ligne en provenance de Moscou. Viktor est un passager comme les autres, si ce n’est qu’il s’imbibe du whisky qu’il a acheté en Duty Free. En plein vol, largement entamé d’un point de vue cérébral, embrumé dans ses vapeurs alcooliques, il demande à faire demi-tour pour retourner à Moscou. L’hôtesse de l’air n’étant pas assez rapide (selon lui), il se précipite vers le cockpit, et se jette sur le commandant de bord. Ce genre de divertissement aboutit forcément à un crash … sur une prison française située en Lorraine.

Trois mois plus tard. Ils sont cinq enfants. Ils ont été kidnappés le même jour. Il y a Camille, 8 ans, qui est la fille du juge Tranchant, enlevée dans un jardin d’enfants. Il y a Salomé, 12 ans, fille de l’avocate Nathalie Ruiz et du petit truand Matéo Rizzo, enlevé dans la rue Jourdain. Il y a Maxime, 10 ans, fils du préfet Rollin, enlevé sur son parcours de golf. Il y a Elisabeth dit Choupette, 4 ans, fille de l’inspecteur Lauterbach, arrachée des bras de sa nounou. Il y a Enzo, 12 ans, fils d’un employé de la SNCF, enlévé dans la rue.

Le préfet de police Rollin a reçu une vidéo, l’informant que lui et ses quatre comparses ont 48 heures pour faire une déclaration publique comme quoi ils ont truqué le procès de Vigo Le Noir. Vigo Le Noir, c’est Vigo Vasquez, un truand que la police n’a jamais réussi à condamner devant les tribunaux. Sauf pour le meurtre d’un jeune garçon dans une piscine de Boulogne. Le préfet Rollin convoque ses quatre complices et leur demande instamment de ne rien tenter ; il veut prendre cette affaire ne charge. Mais les parents des enfants ne l’entendent pas de cette oreille.

Quand on lit un roman de Jacques-Olivier Bosco, dit JOB, on a rarement le temps de reprendre son souffle. Le résumé que je viens de vous faire couvre à peine les cinquante premières pages de ce roman qui en comporte 350. Les romans de JOB ressemblent à un marathon, mais un marathon que l’on ferait au sprint. Et encore une fois, ça va vite, très vite et ça fait mouche plus d’une fois. Car prendre comme cadre un rapt d’enfants, ça interpelle forcément le lecteur, ça fait vibrer les cordes les plus sensibles, et on a tendance à prendre rapidement position pour la police.

Mais la situation n’est pas aussi simple qu’il n’y parait, comme à chaque fois avec JOB. Rollin fait figure d’un beau salaud, qui a surfé sur une vague de succès, quitte à écraser les autres, quitte à faire condamner des innocents. Le pouvoir avant tout, c’est comme cela que l’on pourrait résumer sa philosophie. Et Vigo, tueur sans pitié, trafiquant d’armes et de voitures, il fait régner la terreur dans ses équipes, exigeant d’elles une loyauté sans failles. Dans ce cadre, il est difficile de se mettre aussi de son coté. Et on se retrouve donc avec une galerie de personnages qui se débattent mais qui sont tous aussi détestables les uns que les autres, à leur niveau. De même, on y retrouve les thèmes chers à JOB tels que la famille, l’amitié et surtout la justice à plusieurs vitesses.

Dans ce roman, j’ai aussi eu l’impression que JOB se lançait un défi. Dans ses romans précédents, on avait surtout affaire à un personnage principal. Ici, nous avons plus d’une dizaine de personnages et JOB s’amuse à passer de l’un à l’autre avec une facilité qui force le respect. A tel point qu’écrire un roman d’action avec autant de gens sur le devant de la scène, ça m’a donné l’impression d’y voir un hommage à 24H chrono. Et en ce sens, ce roman est une redoutable réussite, avec un final explosif fort réussi.

Et puis, au détour de quelques chapitres, on y verra les clins d’œil à quelques chroniqueurs blogueurs tels Jean Marc Lahérrère, Pascal Kneuss et Claude Le Nocher en juges, ou bien votre serviteur qui a donné son nom à un hôtel. Bref, merci encore JOB pour cet excellent moment de lecture à la fin duquel j’ai fini épuisé !

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