Le chasseur de lucioles de Janis Otsiemi (Jigal)

Après La vie est un sale boulot, et La bouche qui mange ne parle pas, voici donc le dernier roman en date de Janis Otsiemi qui se nomme Le chasseur de lucioles.

A Libreville, capitale du Gabon.  Trois histoires vont se suivre en parallèle, et plus ou moins se téléscoper. Un jeune homme est assassiné d’une balle dans le dos sur la plage du Tropicana ; Un autre erre en ville, il se prénomme Marco, et va se voir proposer un rôle dans un braquage d’un fourgon. Un troisième, Georges Paga, va aller dans un dispensaire pour savoir s’il est atteint du VIH.

Pour faire le lien entre ces trois itinéraires, ces trois destins, deux flics qui aiment leur métier. Ils sont consciencieux, doués pour exploiter les indices et résoudre leurs enquêtes. Bien que certains de leurs collègues soient prêts à fermer les yeux en l’échange d’un peu d’argent, eux vont se concentrer que cette étrange série de meurtres qui touchent de jeunes prostituées camerounaises.

Le meurtrier est rapidement appelé Le chasseur de lucioles, et les éventre de façon épouvantable dans des chambres d’hôtel. Qui peut bien perpétrer de tels meurtres ?

On retrouve tout le plaisir de lire Janis Otsiemi, sa façon si simple de décrire la vie des bas-fonds de Libreville, ses personnages si haut en couleurs, ses flics tous corrompus pour en tirer un peu plus d’argent que leur maigre salaire. Et tout cela, c’est grâce à son style efficace, ses expressions directement issues du cru, et sa faculté à nous faire suivre une intrigue simple mais malgré tout passionnante.

J’y ai trouvé, dans ce roman, une grosse progression par rapport aux précédents livres que j’ai lus de cet auteur. Tout d’abord, il n’hésite pas à nous faire suivre trois trames différentes, sans jamais nous perdre. Ensuite, les personnages sont plus complexes. Enfin, j’ai adoré les proverbes gabonais qui font l’ouverture de chaque chapitre, parfois drôles, toujours justes.

Malgré cela, ce roman n’est pas mon préféré. Si je l’ai lu très vite, je préfère quand Janis Otsiemi écrit des romans noirs, voire quand il s’attaque à la politique. Nous avons droit ici à un roman policier, dont le suspense se situe plus dans le comment on va arrêter le tueur en série que son identité. Cela m’a un peu déçu, malgré le plaisir de lire cette langue si chantante, si poétique qui est si particulière et unique dans le paysage littéraire actuel. Essayez donc Janis Otsiemi, vous en serez enchanté, et commencez donc par La vie est un sale boulot !

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