Satori de Don Winslow (Jean Claude Lattès)

Voici donc avec un peu beaucoup de retard le dernier roman de Don Winslow en date, à savoir Satori, un roman en l’hommage de Trevanian et reprenant le personnage de Nicholaï Hel que l’on retrouve dans Shibumi.

1952. Nicholaï Hel est russe d’origine, fils d’une aristocrate qui a fui les russes communistes pour Shanghai. Ayant perdu sa mère, il est élevé par Kishigawa, son père adoptif et spirituel. Alors que Kishigawa est emprisonné pour crimes de guerre et condamné à mort, Nicholaï décide de le tuer pour lui éviter cet affront. Nicholaï va donc passer trois années en prison pour ce crime, pendant lesquelles il va être torturé par Diamond, jusqu’à ce que les services secrets américains lui proposent un marché, via Haverford.

Il aura droit à de l’argent, une nouvelle identité et de nouveaux papiers s’il accepte de tuer Voroshenine, un Russe qui est influent auprès de Mao. Le but de cet assassinat pour les Américains est de créer la discorde entre les Russes et les Chinois, dans cette zone d’Asie du Sud-est qui ressemble de plus en plus à une poudrière.

Nicholaï est un expert en arts martiaux, parle plusieurs langues et peut se révéler un redoutable tueur. Il accepte la mission et se retrouve dans une propriété du pays basque, subit une transformation de son visage par chirurgie esthétique, et est formé par la sublime Solange à la finesse de la culture française. Nicholaï, qui tombe amoureux de Solange, trouve là une nouvelle motivation à réussir sa mission, et endosse l’identité de Michel Guerin, trafiquant d’armes français, qui doit vendre de l’armement pour les Vietminh.

Il ne faut pas attendre de ce roman un chef d’œuvre absolu, mêlant la situation politique de cette région du globe en mutation en 1952, avec une action constante et un héros universel. Ce roman est un très bon divertissement, avec un personnage principal qui se rapproche de tous ceux que l’on connaît bien, de James Bond à Largo Winch, un personnage invincible, tueur à gages au grand cœur, à la fois romantique et sans pitié.

Ce roman est à considérer à part dans l’œuvre de Don Winslow, car il faut, à mon avis, le voir comme un hommage à Trevanian, et Don Winslow se met au service de son histoire, adaptant son style (habituellement plus direct et efficace) à une forme plus romanesque que l’on trouve dans les grands romans d’aventure d’antan. Si certaines scènes sont à la limite de l’extravagance, voire irréalistes, cela se lit bien et avec beaucoup de plaisir.

Ce roman démontre surtout que Don Wnslow est un grand conteur, un érudit respectueux de l’auteur original et un passionné de la culture asiatique. Et surtout qu’il est probablement le meilleur styliste du polar à l’heure actuelle. Sa conclusion personnelle, en fin de roman, pleine d’humilité, force le respect. Et même si ce roman n’est pas celui que je préfère de Don Winslow (lisez La griffe du chien ou Savages), Satori s’avère être un très bon divertissement qui fleure bon la nostalgie des grands roman d’aventure ou d’espionnage.

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