Uchronie de Arnould Rogier (Editions Bénévent)

Voici une curiosité en même temps qu’une bonne découverte. C’est en lisant la quatrième de couverture que j’ai décidé de lire ce roman, qui sonne comme un hommage aux classiques du polar et un retour aux sources du roman populaire, avec quelques originalités supplémentaires.

1942, Maroc. Arnould Rogier est un adolescent qui n’a pas encore 18 ans mais qui veut se ranger aux cotés des Américains pour lutter contre les nazis. Son père a suivi Pétain au début de la guerre au nom de la grandeur de la patrie. Arnould décide de s’engager et part sur le front. Il va faire la campagne d’Afrique du nord, puis celle d’Italie, avant de sauter sur une mine.

Arnould se retrouve alors dans une famille corse, Chez Monsieur Dominique et la Mama. Ils vont le soigner, grâce à de la pénicilline récupérée dans une ambulance abandonnée sur le champ de bataille. La famille Corléone comporte quatre enfants, deux garçons Jean et Sébastien (qui a quitté la famille)  et deux filles Marie Rose et Marie Marguerite. Monsieur Dominique est un exploitant agricole qui vit à Ranochieto et a des intérêts variés aussi bien à Marseille que Toulon.

Petit à petit, Arnould va travailler pour cette famille, devenant à la fois le conseiller financier de Monsieur Dominique, mais aussi le fils fidèle qu’il aurait aimé avoir. Arnould va aussi s’apercevoir que Monsieur Dominique est lié à des histoires de guerre entre bandes rivales, et qu’il ressemble à un parrain de la mafia locale.

Ce roman m’a attiré par son coté classique, j’imaginais une histoire de confiance, trahison, vengeance et famille. Il y a tout cela dans ce roman, sans forcément avoir l’air d’une saga. Car ce qui m’a surpris, c’est que cela ressemble à des mémoires. En lisant cette intrigue, dès le départ, le parti pris de l’auteur est de donner son nom au personnage principal et de tout décrire à la première personne comme s’il avait vécu cette histoire.

Le nom de la famille fait évidemment penser à la saga du parrain, le nom de beaucoup de parrains sont réels, et on suit cette histoire avec un vrai plaisir car c’est écrit de façon très fluide avec des dialogues très bien écrits. Si le roman est trop court pour en faire une saga, l’histoire de ce jeune homme est déroulé avec justesse et avec efficacité.

Par moment, j’ai trouvé étrange le fait de conjuguer les verbes au présent puis au passé, de même que la mise en page est parfois déroutante. Mais le parti pris de l’auteur et ses qualités de conteur font que l’on suit cette histoire avec plaisir et sans ennui, entre mémoire et chronique familiale dans la mafia. C’est donc une bonne surprise que ce bon polar qui fait penser aux romans populaires (dans le bon sens du terme) d’il y a quelques dizaines d’années, un roman qu’il faut découvrir.

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