Une femme seule de Marie Vindy (Fayard Noir)

Attention, coup de cœur ! Il ne faut jamais rester sur une impression mitigée. Onzième parano ne m’avait pas emballé. Ce roman de Marie Vindy,  je le regardais du coin de l’œil, car je pressentais une bonne lecture. Je ne fus pas déçu tant j’ai été emporté par ses personnages.

Au lieu-dit de l’Ermitage, près de Chaumont, en Haute Marne. Au petit matin du 10 janvier, Joe, vétérinaire, fait le tour des écuries pour vérifier su les chevaux vont bien. Il découvre le corps d’une jeune femme étranglée aux abords de la grange. Il se précipite alors chez la propriétaire, Marianne Gil, pour la prévenir. Elle lui conseille de prévenir la gendarmerie.

Le capitaine de gendarmerie Francis Humbert est immédiatement appelé sur les lieux. Il s’aperçoit que l’enquête va être difficile, que les indices ne vont pas se multiplier ou qu’il va falloir chercher longtemps. De là où est le corps, on aperçoit le manoir. Francis va alors rendre visite à Marianne, et être trouble par sa beauté sombre et mystérieuse.

Marianne est écrivaine et a eu du succès avec son deuxième roman. Il s’avère que la propriété ne lui appartient pas, mais à son ancien compagnon, Marc Eden, star de la chanson qui a entamé une carrière solo depuis que son groupe Garage a disparu. Elle s’est retirée dans cette propriété depuis leur rupture. Humbert, divorcé et dévoué à son travail, va plonger dans cette enquête, en cherchant tout d’abord qui peut bien être cette jeune femme.

Nous voici donc à la campagne, au fin fond de nulle part, à des kilomètres de la première habitation, dans un manoir perdu au fond des bois, habité par une créature belle et étrange, coupable et innocente, attirante et mystérieuse. Ne cherchez pas dans ce roman des scènes d’action, des courses poursuites, des meurtres à chaque page. Ce roman est un policier tout ce qu’il y a de plus classique dans le déroulement de son intrigue.

Car ce roman ne fait pas d’esbroufe.  L’intrigue est simple, mais elle est menée de main de maître, au rythme de la nature. Surtout elle est portée par deux personnages extrêmement forts et totalement opposés, deux personnalités comme un duo duel, un face à face entre ombre et lumière, entre mystère et vérité. Marie Vindy plonge dans les pensées les plus intimes de ses personnages sans trop en faire, sans trop en montrer et tout marche. Et j’ai couru tout au long du livre.

Quelle belle idée de prendre des gens simples, et de raconter une histoire simple, sans en rajouter, sans faire de vagues, avec un style simple. J’ai complètement adoré la façon de dérouler l’intrigue, le désespoir et l’envie de s’esseuler de Marianne, l’obstination, la fascination de Humbert, les scènes feutrées au coin de la cheminée, le réalisme de l’enquête, les bois mystérieux dans la nuit avec leurs bruits et leurs odeurs.

400 pages et deux jours de lecture. Jamais je n’ai ressenti l’envie de faire une pause, de poser le livre, ce fut pour moi une vraie addiction de fréquenter Humbert et Marianne, à les regarder se regarder, à les écouter se parler. Ça parle de gens comme vous et moi, ça parle d’amour, de crimes, de blessures, de cicatrices qui ne se referment pas, de la nature qui regarde, ça parle d’un homme et d’une femme et d’une histoire qui va les faire se rencontrer.C’est passionnant et tout fonctionne à merveille. J’ai lu sur Internet qu’il y avait du Mankell dans ce roman, et c’est un compliment mérité. En tous cas, il mérite amplement un coup de cœur !

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