Pour que demain vienne de Corine Pourtau (D’un noir si bleu)

Décidément, en ce moment, je fais dans les recueils de nouvelles. Parler de l’adolescence n’est pas une chose facile, c’est le sujet de ce recueil qui convient bien au roman noir.

Valse lente :

Ce n’est pas la première fois que Nico fait une fugue. La première fois, cela a duré trois jours. Cette fois-ci, elle trouve que cela dure trop longtemps. Elle le surveille, elle l’épie, il est de l’autre coté de la rue. Et elle se rappelle les bons moments, depuis qu’il est tout bébé jusqu’à ce jour où tout va changer

Pas de deux :

Lioubov est une adolescente qui est prostrée dans les bois. Il fait froid. Elle regarde, cherche ses ennemis car c’est une jeune fille traquée. Rasko est un jeune homme qui ne s’en laisse pas conter, il est déjà un homme. Leur rencontre va-t-elle être pour le meilleur ou pour le pire ?

Pavane :

Elle a eu un enfant très tôt, trop tôt. Elle l’a abandonné, accouchement sous X, comme marquée d’une croix. Huit ans après, elle rêve de retrouver l’enfant de sa chair.

Bacchanales :

Il pleut. Alors, elle a du s’abriter dans une librairie. Un livre l’attire, une jeune fille derrière une vitre embuée attend, son titre est Adagio. Elle va lire, dévorer ce livre, jusqu’à ce que ça en devienne une obsession.

Séguedille :

Elle s’appelle Mlle Sullivan, c’est un star qui rêve d’anonymat, qu’on l’oublie un peu pour qu’elle puisse oublier le présent, oublier le passé et ce drame qui la hante et dont on ne se remet jamais. C’était il y a 25 ans …

Chaque nouvelle est un morceau de vie, une chronique du présent pesant des adolescents. Chaque nouvelle est une histoire à part entière, une vie à part entière. Et le titre est exceptionnel : Car ce demain, c’est la fin de cette période d’adolescence avant de devenir adulte. Adulte, ça veut dire quoi ? Devenir responsable ? Dans ce recueil, ça veut surtout dire supporter des situations trop lourdes à porter pour leurs frêles épaules.

Carole Pourtau décrit les vies de ces adolescents à leur place, elle dissèque les sentiments, elle décortique les impressions, elle décompose les pensées. Son style fluide et efficace nous entraîne dans leur peau, avec douceur, sans heurt. Et c’est au moment où on se sent bien qu’elle nous assène un coup derrière la tête. De vraies nouvelles bien noires et parfois très cruelles. C’est une excellente découverte et je serai curieux de lire Corine Pourtau sur la longueur d’un roman.

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