Réseau d’état de Hugues Leforestier (Jigal)

Voici une des dernières productions de chez Jigal, sortie en même temps que le dernier Philippe Georget. Autant dire que la concurrence est dure, mais on devrait plutôt dire que c’est un sacré parrainage.

Ça commence comme une course poursuite mystérieuse. Un paisible retraité (en fait, on apprendra plus tard qu’il est cinquantenaire) s’éloigne du village du Doubs où il habite pour rejoindre son potager. Il vient surveiller ses salades, écarter les limaces voraces. Il n’a pas vu la Clio qui le suit, avec à l’intérieur deux hommes patibulaires (mais presque).

Lorsqu’ils sortent de leur voiture et leur flingue, il les tue d’une adroite prise de karaté (ou d’un autre art martial, vous savez, moi, je n’y connais rien !). Puis il se rue dans sa grange, entend des convois de gendarmes qui débarquent, s’enfuit par un tunnel avant de faire exploser sa grange et une grande partie du village. Il s’appelle la cible.

Mariono est conseiller du Président. Il a pour mission de séduire Lou, une journaliste très en vue (et pour cause, elle est belle, très belle). Mais cela tourne vite en eau de boudin, alors que le restaurant est du genre luxueux. C’est surtout à cause de cet appel sur son portable qui lui annonce que l’opération qu’il a commanditée vient d’échouer. La course poursuite contre celui que l’on accuse de terrorisme ne fait que commencer.

L’entête du livre a semé le doute en moi : « Ce livre est une fiction, inspirée par des faits et des personnages bien réels ». Car l’intrigue va montrer comment, un homme jadis embringué dans un groupuscule trotskiste va devenir la cible des plus hautes instances de l’état uniquement pour la raison qu’il aurait des documents compromettants impliquant le président à la veille de sa réélection.

Nous avons droit donc à des portraits hauts en couleurs, le plus souvent décrits avec dérision tant ils semblent dérisoires, souvent humoristiques à la limite du ridicule. Les membres de ce groupuscule ont renié leurs idées, leurs convictions pour devenir des pontes de notre société actuelle. Et tous lui tournent le dos, par peur ou soumission envers un président omniprésent et autoritaire. Ça vous rappelle quelqu’un ? ça tombe bien, le roman se passe en 2012.

La plume est sèche, certains personnages sont mieux dessinés que d’autres mais c’est pour mieux laisser la place à la vitesse, à l’action, à la vitesse. C’est aussi la raison pour laquelle ce roman est si court avec ses 180 pages. Nul doute que les portraits sont réalistes, tristement réalistes mais le ton est plutôt drole, ou du moins c’est comme ça que je l’ai ressenti.

Cela en fait un roman entre roman noir, roman politique, roman humoristique, roman grave. Un bon roman que l’on a de toutes façon plaisir à lire et qui nous laisse avec plein de questions sans réponses : ce roman a été inspiré par des faits réels ? Fichtre !

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