Gonzo à gogo de Ange Rebelli et Jack Maisonneuve (Editions Tabou)

Ce roman est arrivé dans ma boite aux lettres, par hasard, enfin presque, et je recevais le lendemain un mail me présentant le livre. Bizarre qu’ avec un sujet sur la pornographie, il soit arrivé là. En fait, il s’agit d’un roman noir, plutôt bon, mais à réserver à un public adulte.

Angie Rebellini mit du temps à trouver sa voie. Il fit un petit passage dans la banque, avant de créer son groupe de rock underground puis sexreporter, écrivant des articles sur les films pornographiques en tournage, ou interviewant les stars du domaine. Pas facile de faire son trou, dans ce milieu. Le phénomène qu’il voit venir, c’est le Gonzo. Des amateurs ou des professionnels improvisent des scènes hard qui sont filmées et postées sur Internet. C’est selon lui la nouvelle révolution du sexe.

Ses deux comparses Lola Joy et Isidore Violette-Gastinger (IVG) sont deux hardeurs qui font du Gonzo. Angie en profite pour les suivre et faire des photographies pour son magazine. C’est alors que son employeur, Fez, le pape du porno, va lui proposer de suivre le tournage de Douglas Pean, un pur obsédé, qui va se dérouler dans le sud de la France.

La situation va rapidement dégénérer, alors qu’entrent en scène des actrices venues de l’est, des serbes, des gendarmes et des gitans. Ce gigantesque quiproquo presque vaudevillesque va se terminer dans une scène apocalyptique avec des dégâts à la clé, dont peu en sortiront indemnes.

Je dois dire que j’ai été agréablement surpris de suivre ces aventures de Angie, par son style agréable et humoristique quand il faut, et par ces personnages haut en couleurs. Le contexte, très porté sur le sexe, confirme ce dont on se doute : sex, drug & rock n’roll. Cela permet aux auteurs de montrer comment ces films se font, les pauvres filles de l’est qui font cela pour gagner plus d’argent que dans leur pays, et les producteurs qui s’en mettent plein les bourses, en se les vidant.

Si ce roman ne va pas révolutionner le genre du polar, car c’en est un, il ressemble à un road movie, avant de s’engager dans une veine plus amusante où tout le monde va se retrouver dans une villa pour un final sanglant. Evidemment, les scènes sont crues, explicites, mais il n’y a pas de quoi lire tout ça de la main droite, tant le but est de montrer des gens au travail (sic). D’ailleurs, l’auteur le dit : « Le tournage d’un film pornographique est barbant ».

Bref, voilà une lecture surprenante, plaisante, qui nous montre une facette bien peu ragoutante, pour satisfaire un certain nombre de personnes, dans un format polar dont je retiendrai surtout une fin à la fois amusante et son coté gentiment anarchique, à la façon d’un western déjanté. A noter une préface de Jean Pierre Mocky en forme d’interview où il apparait tel qu’on le connait, et une bonne postface de AH.Benotman.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s