Parjures de Gilles Vincent (Editions Jigal)

La France est bourrée de talent, et plus je lis de polars, plus je découvre de nouveaux auteurs qui méritent que l’on parle d’eux. C’est le cas ici avec Gilles Vincent qui nous concocte, sous des allures de roman policier classique, un roman à la pirouette finale fort surprenante.

La commissaire Aïcha Sadia est au fond du trou. Folle amoureuse de Sébastien, son collègue, elle se morfond depuis la mystérieuse disparition de celui-ci près d’une plage aux alentours de Marseille. On a seulement retrouvé ses habits, il s’est probablement noyé. Toutes les recherches de Aïcha sont restées vaines, le corps n’a pas été retrouvé.

Un corps vient d’être retrouvé décapité dans une zone industrielle. Il va être bien difficile de retrouver des traces pour les mener vers une piste. Seules les similitudes avec un assassinat semblable il y a un mois de cela les amène à enquêter sur une série de meurtres.

Les victimes sont toutes d’anciens condamnés pour des crimes atroces qui viennent d’être libérées pour bonne conduite. Le prochain libéré s’appelle Abdel Charif, condamné pour le meurtre de sa patronne. Or, il vient d’échapper à son enlèvement, et il demande à Aïcha de prouver son innocence contre des informations sur le lieu de détention de Sébastien.

Rares sont les romans qui vous plongent dans la psychologie d’un personnage en une page. Le début du roman est un vrai régal, et le reste est à l’avenant. Le roman est court et c’est grâce à l’efficacité du style de l’auteur que l’on suit cette enquête avec rapidité. Si la forme est celle d’un roman policier classique, il sort du lot justement par son personnage principal attachant et sa vitesse. Ce roman ressemble en fait à une course de demi-fond, un peu comme un 1000 mètres couru au sprint.

Et si l’intrigue est très bien maitrisée, le suspense ne résidera pas dans l’identité des coupables des décapitations, qui nous sont présentés dès le début du roman. Le suspense est bien dans la recherche de Sébastien, avec cette épée de Damoclès alors que la commissaire ne sait jamais s’il est vraiment vivant ou pas.

Au bout du compte, cher futur lecteur de ce roman, vous ne trouverez pas les tenants et aboutissants de l’intrigue. Il n’y a pas d’indices comme on pourrait les trouver dans un Whodunit, mais un vrai retournement de situation qui va vous surprendre. Parjures, dans la forme et le fond, est un bon roman policier, par son efficacité et son personnage principal, personnage qu’on aura plaisir à retrouver.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s