Les anges de New York de Roger Jon Ellory (Sonatine éditions)

Il fallait bien que cela arrive : le voilà le roman de Roger Jon Ellory qui m’a déçu. Après le formidable Seul le silence, le très bon Vendetta et sa fin inattendue, le très bon Les Anonymes dont l’intrigue rappelait quelques passages peu glorieux des activités de la CIA, Les anges de New York nous plongent dans l’histoire de la police de New York, le NYPD ou New York Police Department et ses relations avec la mafia.

Dire que j’attends les romans de Roger Jon Ellory avec une impatience de gamin devant ses cadeaux de Noel est une évidence. Depuis Seul le silence, je trouve chez cet auteur un style hypnotique, allié à une profondeur psychologique de ses personnages qui fait que je suis emporté, emballé, pressé d’avancer dans ma lecture pour connaitre une fin que, rarement, j’arrive à deviner.

Et dans Les anges de New York, pas besoin d’attendre la fin pour m’apercevoir que la recette ne fonctionne pas. Dès le début, la présentation du personnage est banale, balourde, trop évidente, pleine de clichés (d’aucuns diraient des poncifs). Frank Parish est inspecteur au NYPD, malheureux en ménage car divorcé, alcoolique, écrasé par la réputation sans taches de son père, idole du NYPD dans les années 70.

Evidemment, il est malaimé de ses compatriotes, son dernier partenaire étant d’ailleurs mort en mission. Alors, son chef l’envoie chez une psychologue, Marie Griffin, qui va lui demander de parler de son père. Là, le lecteur que je suis se pose la question : alors qu’elle doit comprendre pourquoi il est agressif (et les dialogues sonnent faux comme j’en lis rarement !), pourquoi décide-t-elle de s’intéresser au père de Frank ?

Evidemment, il y a une affaire. Danny Lange, un de ses indics se tue chez lui. En enquêtant, Frank découvre que la sœur de Danny, Rebecca a été étranglée. Elle a eu un rapport sexuel mais n’a pas été violée et a des ongles impeccablement vernis. En poursuivant ses investigations, Frank découvre un autre meurtre identique, celui de Karen Pulaski. Il se persuade qu’un tueur en série est à l’action, et, affublé d’un nouveau partenaire, Jimmy Radick, va poursuivre son idée jusqu’au bout.

Le roman présente donc une alternance entre l’enquête sur les meurtres de jeunes filles et les entrevues de Frank avec sa psychologue. Et si l’enquête est bien faite, mais manque d’envolées par rapport à ce que Ellory nous a montré et démontré auparavant, les dialogues avec la psychologue sonnent redoutablement faux. D’une fausse agressivité en passant par une démonstration de la connaissance historique de la vérité sur Les Anges de New York, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur voulait justifier ses recherches historiques à la façon d’un cours magistral d’un professeur d’histoire, et que les deux parties n’avaient pas de relation et n’apportaient rien à la psychologie du personnage principal.

Et si, petit à petit, Ellory arrive encore à m’emporter dans certaines scènes, certains dialogues, le mal est fait. J’ai réussi à voir des ficelles trop grosses, à identifier des savoir-faire trop évidents. N’y voyez pas dans cet article une attaque en règle contre Roger Jon Ellory, mais plutôt celui d’un fan de cet auteur déçu, qui se dit qu’un auteur ne peut être au top tout le temps, et que ce roman ne m’a pas emballé, car je n’y ai pas trouvé le lyrisme, les envolées qui m’ont bercé lors de ses précédents romans.

Alors oui, je suis déçu, très déçu, mais j’attends le prochain avec impatience pour ne pas rester sur une note négative, avec un auteur qui m’a fait passer tant de bons moments par le passé. Allez, M.Ellory, à la prochaine ! Pour moi, Les anges de New York n’iront pas dans mon paradis. A la place, il vaut mieux lire Le dernier baiser de James Crumley, il n’y a pas photo.

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