Le Samovar de Nicolas Rouillé (Moisson Rouge)

Etrange roman qui est arrivé dans ma boite aux lettres, presque par hasard, comme une feuille tombe d’un arbre en automne. Auteur inconnu, titre dont je n’ai pas ou peu entendu parler, mais sujet qui semble intéressant : les squatteurs.

Tristan est un jeune étudiant en BTS, qui vit des pensions que lui verse sa mère. C’est une vie confortable, même si elle lui fait un chantage en cas d’échecs aux partiels. La vie n’est pas facile pour un jeune homme, motivé par pas grand-chose, et qui cherche surtout un sens à la vie. Alors, quand son ami Max lui propose de partir à la cueillette aux kiwis en Nouvelle Zélande, Tristan accepte, d’autant plus que Max s’occuperait du passeport et du visa, moyennant mille euros en liquide.

Rendez vous est pris au Manoir, dans la rue du même nom. Sauf que Max n’est pas là, qu’il a disparu. Cela donne tout de même l’occasion à Tristan de rencontrer de drôles de zozos, et d’assister à une réunion lors de laquelle une engueulade éclate entre Fahrid et Yanis. Le vélo de Tristan fait les frais de cette dispute. On lui propose alors d’aller voir Clavette, le réparateur de génie du Samovar.

Le Samovar, c’est un squat sur un ancien entrepôt de l’armée. Tristan va découvrir un petit monde, qui s’autogère. Accueilli à bras ouverts, il va y revenir plusieurs fois, avant de devenir un pensionnaire à part entière. Il va découvrir les multiples activités de chacun, puis les difficultés envers les autorités.

N’allez pas chercher dans ce roman une intrigue policière, une poursuite d’un serial killer ou un détective privé détruit par l’alcool suite au départ de sa femme. Ce roman est plus à rapprocher d’une chronique d’un jeune homme, un peu perdu et pas pressé de se retrouver qui va découvrir un nouveau monde qu’il ne soupçonnait même pas. Et si c’était mal écrit, je n’aurais jamais fini ce roman.

Simplement, voilà ! c’est écrit avec légèreté, beaucoup d’humour et sans rage aucune, avec beaucoup de dialogues pour faire vivre tant de personnages. Ces gens-là ne demandent pas grand-chose, si ce n’est de vivre selon leur mode de vie, à la marge de la société. On va y rencontrer une quantité impressionnante de personnages hauts en couleurs, tous reconnaissables, et on suit avec plaisir la vie de ce microcosme, à l’aide de dialogues très bien réalisés. Je garderai en mémoire Marjo, Kat, Zaïreb, Clavette, Jeannot, FX, Spears et tant d’autres.

Et même si j’ai un peu de mal, personnellement, à adhérer à leur point de vue, je dois dire que la narration, qui ressemble parfois plus à un reportage qu’à un roman, est bien agréable. Et puis, les personnages sont bigrement attachants, et vous savez comme j’aime quand un auteur donne tant d’amour, sans juger qui que ce soit. Et s’il y avait une intrigue à suivre en toile de fond, ce roman aurait pu être génial. Ceci dit, j’aurais appris beaucoup de choses sur un mode de vie qui permet de vivre en autarcie, ou presque.

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