Aimer et laisser mourir de Jacques-Olivier Bosco (Jigal)

Ce roman est ma deuxième lecture de Jacques-Olivier Bosco, après le Cramé, et je dois avouer que j’y ai pris autant de plaisir. Avec un titre à la James Bond, c’est un roman en forme d’hommage aux films d’action américains, en même temps qu’un beau pied de nez aux plus célèbres thrillers américains.

On l’appelle le Maudit, mais en réalité, son nom est Lucas Belveaux. C’est un tueur à gages, respectant tous ses contrats, un des meilleurs du milieu. A la suite d’un contrat en France, il a été obligé de s’exiler en Colombie, laissant derrière lui sa femme enceinte. Plusieurs légendes circulent quant à son nom. La plus célèbre, c’est qu’il se serait fait torturer et, par vengeance, aurait décimé le camp de paramilitaires. Il sait qu’il ne peut retourner en France, et porte sa croix en faisant son travail sanglant, et en étant droit dans ses bottes avec ses principes : on ne touche pas à une femme ou à un enfant.

Amanda est une pute de luxe, de celle qui se font payer quelques milliers d’euros pour une nuit. Elle est incroyablement belle, et est une experte du sexe, rendant les hommes fous. Cette nuit là, elle termine un de ses contrats, et entend, dans le couloir d’un hôtel de Nice, une femme crier. En étant trop curieuse, des tueurs croates la séquestrent et veulent la violer. Elle s’en sort par chance et tue l’un d’eux avant de s’enfuir.

Seulement, ces tueurs appartiennent au clan de Tcheck Mordeck, un psychopathe à la tête d’un gigantesque empire de proxénétisme. Il a en charge des fermes, où il dresse les jeunes femmes qu’il mettra ensuite sur les différents trottoirs d’Europe. Tcheck n’accepte pas qu’on ait tué son lieutenant. Il va tout faire pour retrouver cette femme qui a tué son ami et a disparu. Et tous ces personnages vont se rencontrer … en enfer.

Ce roman confirme tout le bien que je pense de Jacques-Olivier Bosco, dit JOB. Son sens de l’intrigue et son style percutant font de ses livres des romans boostés, allant à une vitesse folle, sans que le lecteur ne puisse se douter de l’issue. Dans ce roman, plus que jamais, on sent que l’auteur maitrise les temps forts et les temps calmes. Si vous êtes des inconditionnels de thrillers américains speedés, vous allez trouver ici un pur joyau. Car vous allez adorer cette histoire, et vous allez aimer ces personnages si profonds, si droits, avec leurs principes de loyauté et d’amitié, ce qui semble une constante dans les romans de JOB.

Je parlais de style, je vais essayer de vous le décrire : Prenez une scène de carnage, ça tire dans tous les coins, c’est une embuscade. JOB va faire un long paragraphe, fait de petites phrases, dont les mots sont soigneusement choisis pour que cela imprègne une image dans l’imagination du lecteur. Chaque phrase va créer une image, ça va à toute vitesse, cela donne une impression à la fois cinématographique et kaléidoscopique. C’est redoutablement efficace, et diablement bien fait, cela donne une impression de voir un film d’action juste derrière nos yeux. Que j’aime ça, quand je sens mes yeux s’ouvrir devant les scènes de flingage, uniquement par la suggestion des phrases et la fumée qui sort des pages.

Derrière ce style et ces personnages, il ya aussi le sujet de fond, dégoutant au possible, cette traite des blanches par des hommes qui se croient supérieurs mais qui, en fait, n’ont du pouvoir que parce qu’ils ont des armes. Comme dans le Cramé, c’est très détaillé, très documenté, et tellement bien décrit que l’on n’a aucun doute sur le fait que cela existe. Si JOB ne s’éternise pas sur le sujet, certaines scènes sont suffisamment explicites pour qu’on se demande comment tant de cruauté peut exister.

D’ailleurs tous les personnages sont cruels, L’image que JOB renvoie de ce monde semble si noire. Tous les personnages ont des surnoms pour déshumaniser l’homme qui est derrière. Cela fait parfois un peu kitsch, mais on rentre facilement dans le jeu. D’ailleurs, on notera au fil des pages un Cramé (Tiens !) ou même Philippe Georget (Tiens, tiens !), petits traits d’humour qui font sourire. Le seul bémol que j’apporterai à ce livre, c’est une fin un peu trop rapide, en particulier pour le duel avec Mordeck. S’il y avait eu quelques dizaines de pages de plus, je n’aurais pas dit non ! Et surtout, ne ratez pas le final … le chapitre final, je veux dire. Quand je vous dis qu’on ne sait pas comment ça peut se terminer ! Ce roman, c’est de l’adrénaline à l’état pur, du pur plaisir, et j’en redemande !

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13 réflexions sur « Aimer et laisser mourir de Jacques-Olivier Bosco (Jigal) »

      1. C’est des GO, encore plus fort que le Roquefort !

        Super Babelio est là pour me lister tout… je te raconte pas le travail de titan pour tout entrer et j’en retrouve toujours des « pas encodés » 😀

        N’en jetez plus, la clé USB est pleine ! 😆

        J'aime

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