Oldies : Le bal des débris de Thierry Jonquet (Points)

Dans la rubrique Oldies de ce mois-ci, voici l’un des premiers romans de l’un de nos plus grands auteurs de polars français, à savoir Thierry Jonquet. Ceux qui ont lu Mygale ne poeuvent pas ignorer que Jonquet fut un excellent auteur. Mais ce fut aussi un formidable témoin de notre société, situant ses sujets en appuyant bien fort là où ça fait mal.

Thierry Jonquet est un écrivain français, né à Paris le 19 janvier 1954 et mort à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris le 9 août 2009. Auteur de polar contemporain, il a écrit des romans noirs où se mêlent les faits divers et la satire politique et sociale. Il a également publié sous les pseudonymes de Martin Eden et Ramon Mercader, et utilisé les noms de Phil Athur et Vince-C. Aymin-Pluzin lors d’ateliers d’écriture. (Source Wikipedia).

Thierry Jonquet avait la faculté de prendre un sujet d’actualité, et de créer une intrigue grinçante, quitte à déformer la réalité, pour mieux montrer les travers dont nous n’étions même plus conscients. Je me rappelle du tollé que fut la sortie de Ils sont votre épouvante et vous ètes leur crainte, qui abordait le sujet des lycées de banlieue situés en Zone d’Education Prioritaire. Car Jonquet a toujours su choisir ses sujets parmi ceux qui, dans l’actualité, faisaient grincer des dents.

Jonquet débute (sa carrière d’écrivain) avec deux récits inspirés de ses expériences hospitalières. Dans le bal des débris (1984), Fredo, mal dans sa peau de brancardier d’un établissement de gériatrie, fait la connaissance d’un patient, Alphonse Lepointre, gangster de la vieille école. Ensemble, ils montent un coup pour rafler les bijoux d’une riche pensionnaire pendant un bal masqué. L’humour affleure, mais la description de ces mouroirs et du sort réservé à leurs occupants est impitoyable, sans concession, typique de ce ton « Jonquet ». (Source Dictionnaire des littératures policières)

Ce roman, écrit à la première personne est d’autant plus marquant que, sous couvert d’humour, la situation des maisons de retraite est scandaleuse. Alors, évidemment, quand on nous propulse à la place d’un petit brancardier qui a toujours rêvé de devenir un truand, quand celui-ci peut enfin satisfaire son besoin de voler, le lecteur suit avec un sourire glacé ses intrépides aventures, et quand il relève la tête, il se rend compte de ce qu’il a lu.

C’est exactement dans cet état d’esprit que j’ai lu ce très court roman. Sourire la plupart du temps, puis dès que je fermais le roman, une sorte de honte à avoir pris du plaisir à lire la situation de ces mouroirs. C’est donc à une lecture véritablement cynique à laquelle il faut réellement s’attendre.

Et on le sent bien, le jeune Jonquet, prendre son pied à bâtir ses scènes, comme un pointilleux humoriste humaniste, à toutes les amener sur une remarque cinglante que le lecteur prendra en pleine figure. Avec, en plus, le souci de l’efficacité maximale, des dialogues déjà parfaits, ce roman laissait augurer d’un grand auteur. Ce qui est bien advenu par la suite. Bref, lisez ce roman, que les éditions Points ont eu la riche idée de rééditer et vous vous jetterez sur tout le reste de l’œuvre de Thierry Jonquet, l’un de nos meilleurs auteurs de romans noirs français, et l’un de mes auteurs favoris.

Ce roman a été publié pour la première fois aux éditions Fleuve Noir, dans la collection Spécial Police en 1984, puis réédité aux éditions Méréal en 1998, et enfin aux éditions Librio en 2000.

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