Chronique virtuelle : Le maître des fils de Stéphane Gravier

Le père Noel étant une personne que j’admire particulièrement, il a toujours été d’une gentillesse extrême avec moi. Cette année, il a déposé au pied de mon humble sapin une liseuse. Ce n’est pas une jeune femme prête à me lire les plus noirs polars, mais un petit parallélépipède doté d’un écran sur lequel on peut lire des livres.

J’avoue avoir été agréablement surpris par le confort de lecture, d’autant qu’elle est équipée d’un éclairage intégré, ce qui est bien utile le soir. En plus, ça tient dans la poche, donc c’est très pratique. Je ne vais pas lâcher les livres en papier, car j’avoue que le toucher du livre reste un vrai plaisir que la technologie aura du mal à reproduire.

Bref, voici donc une nouvelle chronique que j’ai nommée virtuelle, dans laquelle je parlerai de mes lectures si ce n’est virtuelles au moins numériques. Le premier roman numérique que j’ai lu est un roman de Stéphane Gravier dont j’avais bien aimé Bloody Valeria.

Le synopsis ne nous aide pas trop à savoir de quoi il en retourne :

Et si l’amour entre une mère et son fils pouvait devenir monstrueux ?

Et si notre société en faisait une arme contre elle-même, que resterait-il ?

Stéphane Gravier joue ici admirablement sur l’homographie du mot « fils » pour tisser une nouvelle effrayante.

On retrouve dans cette œuvre le style bien particulier de l’auteur du roman « Le secret de l’eau », avec ses images et ses métaphores poétiques et jamais gratuites, mais il a su condenser son récit, lui donner plus de nervosité pour nous tenir en haleine.
On ne sort pas indemne de cette lecture !

Ce roman a été écrit un an avant Bloody Valeria et confirme tout le bien que je pense de Stéphane Gravier.

En fait, ce roman est écrit à la première personne du singulier, comme un journal secret. Le narrateur, âgé de dix ans, est adoré par sa mère à un point tel, qu’on a l’impression qu’elle l’enferme. Ce qui n’est pas faux, car le trait d’union qui les relie est carrément fusionnel. Elle l’étouffe de son amour exclusif, et lui ne voit le monde que par et pour elle. A tel point que lors d’un mariage, il va rester sous la table, en attendant qu’ils s’en aillent.

Ce jeune garçon, un peu empoté et gros, va devenir la victime des jeunes de sa classe. Et ce n’est pas facile de débarquer dans le monde extérieur quand on a été protégé et épargné des autres par sa mère. Tout aurait pu bien se passer jusqu’au jour où un événement va le toucher, et lui ouvrir les yeux sur le monde et sa cruauté.

L’auteur va prendre la place du petit garçon en utilisant un style simple, usant et abusant d’adjectifs comme si c’était ce petit garçon qui écrivait, appliqué derrière son petit bureau. Ce n’est pas tout à fait un journal, mais plutôt des chroniques de la vie d’un garçon qui découvre le monde des adultes. Souvent empli de poésie, certains passages sont d’une beauté enfantine et pure, alors que d’autres m’ont semblé un peu lourds, exagérés.

Puis, le roman bascule dans le noir, dans la vengeance, le réveil de l’enfant presque homme, se révélant plus immature et cruel que ceux dont il veut se venger. Et sur cette deuxième partie, les pages s’avalent vite, les mots sonnent justes, l’action est constante. Finalement, c’est un roman court (87 pages) mais plein de qualités et qui confirme que Stéphane Gravier est plein de qualités. Vivement le prochain !

Le livre est disponible en version papier au prix de 10,11€ sur le site http://www.thebookedition.com/le-maitre-des-fils-stephane-gravier-p-26770.html, et à 3,17€ sur Amazon http://www.amazon.fr/Le-ma%C3%AEtre-des-fils-ebook/dp/B005XAS68U

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