Oldies : Des voleurs comme nous de Edward Anderson (Points)

Quelle bonne idée que cette réédition, je devrais dire déterrement, de ce pur roman noir, écrit en 1937, mais d’une modernité confondante.

L’auteur :

Edward Anderson est un auteur américain né en 1906 et mort en 1969. Edward Anderson est un de ces Américains des années 30 qui aura tout fait : tromboniste, boxeur, matelot. Il n’a publié que deux romans. »Tous des voleurs » et « Il ne pleuvra pas toujours ».

Le premier Il ne pleuvra pas toujours dont le titre original est Hungry men (Des hommes affamés) est presque l’autobiographie de l’auteur. Il raconte la vie d’Axel Stecker, un hobo, un vagabond de la Grande Dépression. C’est une histoire de bourlingue entre trains clandestins et nuits dans les parcs et les églises.

Publié deux ans après, en 37, Tous des voleurs (Thieves like) est un peu plus célèbre surtout par l’adaptation essentielle de Nicholas Ray en 49 sous le titre Les Amants de la nuit (They Live by Night) .

En 1974, le roman est adapté une nouvelle fois par Robert Altman : Nous sommes tous des voleurs (Thieves Like Us). C’est une histoire de gangsters, un Bonnie and Clyde un peu plus rural, qui obtiendra un certain succès. Mais Edward Anderson ne fera jamais fortune, Hollywood ne lui fera pas de cadeau et il ne publiera que deux nouvelles dans les trente années qu’il lui reste à vivre.

Quatrième de couverture :

Avoir cinq planques, chacune avec un garage à deux places. Ne jamais se promener à deux et n’admettre aucune question de la part des voisins. Aucune. Et toujours satisfaire la logeuse. En cavale au Texas avec deux autres détenus, Bowie sait qu’il ne peut plus reculer. Ils sont allés trop loin, les flics de la région sont nerveux. Il ne leur en veut pas. Dans le fond, chacun fait ce qu’il a à faire.

« En le relisant aujourd’hui, on peut se demander si Anderson n’est pas le grand oublié des années trente. Et ce roman reste aussi dur et fort que quand il était admiré seulement de quelques connaisseurs. » Libération

Mon avis :

Trois prisonniers s’échappent du pénitencier de l’Oklahoma : Bowie Bowers, Chicamaw et T-Doub. Alors que Bowie est un assassin, les deux autres sont plutôt des braqueurs de banque. Ce roman va raconter leur cavale, de vols de voitures en vols de banques. Ils vont se cacher, se terrer, raconter leur vie, comment ils en sont arrivés là. Ils vont aussi raconter leurs plus grands faits de guerre, même si on les soupçonne de parfois exagérer.

Alors que Bowie semble le plus dangereux des trois au départ, il en vient à s’adoucir au fur et à mesure jusqu’à envisager de se ranger ; Alors que les autres sont et resteront des bouledogues inconscients jusqu’au bout. Cette fuite vers l’enfer, cette course vers nulle part ne pourra que se terminer de façon dramatique.

De ce roman, brillant du début à la fin, on ne peut que regretter que Edward Anderson n’ait écrit qu’un roman (en fait il en a écrit deux mais le deuxième ressemble à une biographie). Car le roman est découpé au millimètre près en scènes, et tout avance surtout grâce à des dialogues formidables. Toute la psychologie des personnages passe par ces moments où ils se retrouvent entre eux.

De même, le sujet est remarquablement intemporel, assenant son message jusqu’à en devenir démonstratif. Tous sont des voleurs, les banquiers, les politiques, les avocats … seules les armes diffèrent. Et le roman atteint dans ces moments là une dimension sociologique autre, Edward Anderson se faisant le porte parole des gens qui sont restés sur le coté de la route, les oubliés du rêve américain.

Des voleurs comme nous est un roman remarquable aussi bien par son sujet que par son traitement. Et on a du mal à imaginer qu’il a été écrit en 1937, tant il est transposable à n’importe quelle époque. Evidemment, je ne peux que vous encourager de courir vous procurer ce livre et de le déguster. Du Roman Noir Pur Malt garanti !

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