Oldies : Cible mouvante de Ross MacDonald (Gallmeistrer)

Dans la rubrique Oldies de ce mois-ci, voici le premier roman de Ross MacDonald. Quand on lit des polars, beaucoup de polars, la curiosité est toujours grande de retourner aux sources. Quand Gallmeister a réédité dans une nouvelle traduction les deux premiers romans de Ross MacDonald, il fallait que je les lise.

Kenneth Millar, dit Ross Macdonald, est un écrivain canadien et américain de roman policier, né le 13 décembre 1915 à Los Gatos, Californie et mort le 11 juillet 1983 à Santa Barbara, Californie. Il est célèbre pour ses romans dans lesquels figure le détective privé Lew Archer (Source Wikipedia).

Dans son livre suivant, Il est passé par ici (The moving target, 1949), il crée le détective privé Lew Archer … Dans une vingtaine de romans et plusieurs nouvelles, Lew Archer va opérer à Santa Teresa (le Santa Barbara où vivaient les époux Millar), en Californie du Sud. L’influence de Chandler est évidente dans ses premières enquêtes ; Archer rappelle Philip Marlowe par certains cotés, avec moins d’humour mais plus d’humanité et de compassion. (Source Dictionnaire des littératures policières)

Avec cette réédition et cette nouvelle traduction, on peut gouter à l’importance de l’œuvre de Ross MacDonald. Dès le départ, Lew Archer débarque chez les Sampson, une riche famille qui a fait fortune dans le pétrole. Il s’agit de retrouver Ralph, qui a disparu depuis quelques jours, à la sortie d’un casino. Vous n’y trouverez pas de longue scènes d’introduction, le lecteur est immédiatement plongé dans l’enquête, et vous ne trouverez pas le moindre défaut dans le déroulement de l’intrigue.

Car Ross MacDonald va disséquer les liens familiaux, l’attitude étrange de sa femme Elaine Sampson, qui n’est pas plus inquiète que cela, car elle en a vu d’autres. Elle souligne juste le chagrin de son mari devant la perte de son fils à la guerre. Et puis, il y a Miranda, à la recherche de l’image du père idéal, Alan le pilote privé d’avion qui joue sur la fibre sentimental de Ralph en jouant le role du fils, et puis il y a la pègre, de petits malfrats, tout un petit monde qui tire la langue devant l’argent omniprésent.

On va y trouver dans ce roman, tout ce qui va faire le succès du hard-boiled américain : une enquête impeccable, un personnage intelligent presque froid mais en tous cas mystérieux, des femmes fatales, des bagarres, des voitures, de l’argent … Ce qui est hallucinant dans ce roman, c’est sa modernité. Jamais on n’a l’impression de lire un roman vieux de plus de soixante ans.

Et puis, le point fort de Ross MacDonald est clairement la psychologie de ses personnages. Alors que Lew Archer semble un observateur, un témoin des différentes scènes, les autres personnages sont décrits au travers des dialogues et des attitudes. Quelle modernité ! Par contre, on n’y trouvera pas de description détaillée de Lew Archer, et d’ailleurs, on a l’impression de vivre dans le film La dame du lac de Robert Montgomery, de suivre l’histoire par le biais d’une caméra subjective.

Bref, voilà une riche idée que de ressortir cette œuvre, que pour ma part, je ne connaissais pas du tout, et qui m’a donné envie de poursuivre la découverte. Comme j’avais acheté Cible Mouvante et Noyade en eau douce, nul doute que vous allez entendre parler du deuxième. N’hésitez plus, c’est du pur joyau.

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3 réflexions sur « Oldies : Cible mouvante de Ross MacDonald (Gallmeistrer) »

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