La velue de Nadine Monfils (Frangrances)

Nadine Monfils a commencé sa carrière d’écrivain en 1984. Et son premier roman s’appelait La velue. Evidemment, ce roman est depuis très longtemps épuisé. Les éditions Fragrances ont la bonne idée de rééditer ce roman …

Ophélie est une professeure, et elle rêve d’emmener en classe son oiseau Ymir, enfermé dans une cage. Comme ce serait plus gai ! Petite en taille, on la comparait à ses élèves. Vivant avec sa tante depuis qu’elle est orpheline, elle a suivi une éducation religieuse stricte. Cet été là, elle part en vacances à la plage, dans la mer du Nord. Et elle rencontre Raphaël. Ces deux là s’aiment d’amour fou, et il lui demande de venir vivre avec lui … dans son château … où il habite avec sa mère … qui a 217 ans.

A partir de ce moment, le roman déraille et devient une sorte d’éducation sexuelle, en même temps qu’une initiation à la vie, au milieu de gens qui tantôt sont des monstres, tantôt sont des animaux. Bienvenue le monde extraordinaire de Nadine Monfils, où les vraies gens sont des êtres bizarres et où les êtres étranges sont les plus humains.

Avec ce premier roman, attendez-vous à être surpris car le début de chaque chapitre n’a rien à voir avec ce qui va suivre. De cet amoncellement de petites scènes, il en ressortira toujours une surprise, des images fortes, grâce aux expressions très imagées de l’auteure, et à son imagination sans borne. Si ce n’est pas un polar, ce roman fait une incursion dans le fantastique, avec des aspects qui rappellent fortement La métamorphose de Franz Kafka, ou bien Histoire d’Ô de Pauline Réage. C’est dire le grand écart que se permet Nadine Monfils.

Malgré cela, on retrouve son art de démonter toute logique, de donner l’impression d’un grand bordel, de faire croire qu’il n’y a aucune construction, alors que le tout forme un ensemble parfaitement cohérent. Et on retrouvera à la fois des thèmes forts pour les habitués de l’univers Monfils, de l’omniprésence de la famille aux étrangers bizarres, de l’horreur des hôpitaux aux policiers frappés ou même des nains lubriques.

Dire que c’est un conte pour adultes est un euphémisme : il y a des scènes érotiques où l’on ne s’autorise aucune limite et tout cela est fait pour amuser la galerie avec des scènes d’une drôlerie irrésistible. Pour vous donner un exemple : A l’hôpital, on soigne les gens en les jetant par la fenêtre ; si l’un d’eux meurt, alors le corbillard les ramasse comme s’il les mangeait, et quand il est trop plein, il les vomit en plein milieu de la rue.

Si ce roman est incontestablement original, s’il est construit avec la cruauté d’un conte, il devra être ouvert à la fois avec l’indulgence d’un premier roman et avec la curiosité de découvrir l’univers de Nadine Monfils qui est déjà bien présent et donnera par la suite à la fois ses romans érotiques et ses polars tels que le Commissaire Léon ou Mémé Cornemuse. C’est une riche idée d’avoir dépoussiéré ce roman et il va en surprendre plus d’un.

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