Le cercle des tueurs de Annie Ramos (Citron bleu)

Vous connaissez mon appétit pour les premiers romans. Alors en voici un qui a pour qualité un sujet bigrement intéressant allié à une aisance stylistique pour mener à bien une intrigue qui vous surprendra jusqu’à la dernière ligne. A croire d’ailleurs que l’auteur avait en tête à la fois son sujet et la fin du roman. En voici donc le sujet.

Belfort de nos jours. Ils sont cinq, cinq adolescents qui ont créé le cercle des tueurs. Tout avait commencé comme une discussion autour de leur passion, les films d’horreur et les romans d’épouvante. Puis ils avaient édicté des règles jusqu’à mettre leur projet à exécution. Ils ont donc choisi cinq œuvres de suspense et cinq futures victimes, choisies parmi des gens qui n’ont aucun rapport avec eux mais qui sont passés au travers des mailles de la justice. Chaque meurtre comportera un indice rappelant un film ou un livre de suspense. Ils sont cinq, William le chef, entouré de Thomas, Nathan, Fabrice, et Sylvain.

La police, en la personne du capitaine Francis Pouchard, épaulé de la jeune Paula Martinez se retrouve rapidement face à trois personnes poignardées, un professeur, un homme sans histoire et un étudiant. L’enquête va s’avérer difficile pour résoudre ces meurtres perpétrés sans aucune logique.

Annie Ramos a construit son roman de façon originale : les premiers chapitres sont consacrés au cercle des tueurs ce qui fait que l’on ne cherchera pas le nom des coupables. En fait, le livre alterne entre les tueurs et le commissaire Pouchard, même si le déroulement de l’intrigue fait la part belle à William et ses quatre comparses. Ils vont donc réaliser leur projet, puis se retrouver pour discuter de leurs exploits.

J’ai trouvé que le rythme était tendu, l’écriture très descriptive et agréable. Bref, vous l’aurez compris, c’est un livre très plaisant à lire, et ce d’autant plus qu’Annie Ramos est aussi à l’aise dans ses descriptions de la ville de Belfort que dans ses dialogues. Elle pointe aussi le danger des images violentes assénées aux jeunes influençables, que ce soient des films ou des livres. Ces cinq jeunes, pleins d’insouciance mais aussi ayant renié toute notion de bien et de mal, passent leur vie comme on joue à un jeu vidéo, sans se soucier le moins du monde des conséquences.

Pour un premier roman, c’est une réussite, même s’il m’a manqué des choses, surtout du coté de la psychologie des personnages. Je trouve que le sujet est très bien trouvé mais c’est par là qu’il pêche un peu. Car comme la motivation du groupe d’adolescents est floue, et en particulier on n’y trouve aucune rébellion, on en vient à généraliser sur tous les adolescents. En fait, il m’a peut-être manqué un personnage auquel j’aurais pu me raccrocher, soit pour éprouver de l’empathie, soit pour le détester.

Alors même si j’ai adoré la fin, si j’ai lu avec avidité la totalité du roman, j’ai ressenti un malaise face à ce manque de psychologie qui aurait pu faire de ce roman un formidable coup d’essai. Reste que ce roman est vraiment prenant, que c’est un premier roman qui laisse augurer d’un avenir brillant pour son auteure. D’ailleurs, elle a plein de projets que vous pouvez découvrir sur son site : http://annie-ramos.e-monsite.com/

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