Washington Noir, un recueil de nouvelles présenté par Georges Pelecanos (Asphalte)

Quand on parle de Washington, on pense aussitôt à la maison blanche, à la capitale des Etats Unis. Mais depuis Georges Pelecanos, nous savons que c’est une ville cosmopolite où règnent des quartiers dignes des villes les plus noires et les plus violentes au monde. Georges, tel un guide, nous donne à lire une préface qui présente donc sa ville comme une introduction à ce qui va suivre, et en particulier sa nouvelle L’indic de confiance. Si je ne l’ai pas trouvée géniale, elle a le mérite de planter le décor, à savoir une ville faite de quartiers, de rues aux mains de gens comme les autres, loin des magnifiques bâtiments que l’on donne à voir et visiter aux touristes.

Les auteurs participants à ce recueil sont : Robert Andrews, Jim Beane, Ruben Castaneda, Richard Currey, Jim Fusilli, James Grady, Jennifer Howard, Lester Irby, Kenji Jasper, Norman Kelley, Laura Lippman, Jim Patton, Georges Pelecanos, Quintin Peterson, David Slater et Robert Wisdom.

Comme tous les recueils de nouvelles, j’y ai trouvé du bon et du moins bon, du génial et de l’anecdotique, à mon goût. Mais l’ensemble est tout de même d’un très bon niveau. Alors je ne parlerai que de celles qui m’ont vraiment marqué, surtout par la peinture de personnages qui resteront longtemps dans ma petite cervelle.

Juste un dernier mot pour vous signaler que ce livre est divisé en quatre parties, DC dévoilée, Rues et ruelles, Flics et voleurs, La colline et ses frontières et que cette division ne m’a pas franchement convaincu. Par contre, la play-list en fin d’ouvrage permet elle de s’immerger dans cette ambiance bariolée et variée, mais surtout noire.

La capitale du monde de Jim Patton :

Cette nouvelle raconte la rencontre entre un flic et une immigrée clandestine d’origine moldave. La nouvelle fait la part belle aux différences que l’on peut trouver entre les beaux atours d’une ville touristique et la réalité des bas quartiers. Avec une science de l’efficacité dans la mise en place des personnages, cette nouvelle s’avère très attachante … et très noire aussi.

Les noms des perdus de Richard Currey :

Cette nouvelle est un chef d’œuvre, ou du moins je l’ai adorée. Je l’ai lue deux fois, tant cette histoire de vieil épicier, ancien des camps de concentration, est une réflexion sur la violence et l’auto-défense. Ce personnage, horrifié par tout ce qui touche les armes va s’acheter une arme pour se défendre contre les braquages qui empoisonnent sa vie. C’est une histoire extraordinaire, et l’on ne peut que regretter qu’elle soit si courte, tant elle m’a paru parfaite.

La femme et l’hypothèque de Laura Lippman :

On connait Laura Lippman pour sa science de la subtilité des psychologies féminines. Elle fait preuve ici d’un humour noir et froid dans une histoire de femme qui doit acheter la maison de son mari dont elle veut divorcer. Elle montre aussi la hausse des prix des maisons qui engendre une séparation entre les quartiers riches et pauvres. L’ensemble est d’une redoutable efficacité.

Dieu n’aime pas les trucs moches de Lester Irby :

Comment au travers de l’assassinat d’une jeune femme dans une boite de nuit de Washington, l’auteur nous montre par un témoignage d’une fille de bonne famille comment elle a intégré la pègre. Et l’histoire de la mafia de Washington nous est dévoilée de façon exemplaire. Une belle démonstration d’efficacité dans la simplicité du style.

Le pourboire de David Slater :

Dans cette nouvelle relativement courte, David Slater nous parle des pauvres gens, ceux qui travaillent douze heures par jour pour une cinquantaine de dollars. Le portrait de Gibson, cuisinier dans un petit bouge, est d’une exemplarité rare de simplicité pour montrer l’écart se creusant entre les pauvres et les riches, entre les monuments touristiques et les sales rues emplies de vide et de pénombre.

Vous l’aurez compris, ce recueil renferme un grand nombre de pépites que je ne peux que vous conseiller de découvrir.

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