Les justes de Michael Wallace (MA éditions)

Si j’ai choisi ce roman dans ma liste himalaillesque de livres, c’est par curiosité pour la communauté des Mormons, dont on entend souvent parler. Michael Wallace étant issu de cette communauté, j’en attendais forcément beaucoup.

Ce roman se déroule dans la communauté des Mormons de Blister Creek. Cette communauté est dirigée par le patriarche Kimball et pratique la polygamie. Leur règle de vie est de respecter les Saintes écritures et de se développer en faisant beaucoup d’enfants. Une nuit, Amanda veut s’enfuir en emmenant sa fille, mais elle est retrouvée au petit matin égorgée et la langue arrachée et sa fille couchée dans son lit. La façon de la tuer rappelle un châtiment réservé aux traitres qui parlent trop.

Dans la communauté de Harmony, le patriarche Christianson veut marier sa fille Eliza avec un des Mormons de Blister Creek. Il envoie donc sa fille et son fils Jacob avec deux objectifs : trouver un mari à Eliza et découvrir l’auteur de ce meurtre. Jacob, qui fait des études de médecine, est un être doué promis à un grand avenir et il va tenter de dénouer les fils de ce mystère tout en respectant les souhaits de sa sœur qui ne veut pas se marier tout de suite car elle ne se sent pas prête.

C’est un polar bien classique auquel on affaire ici, avec des personnages gentils et des êtres malfaisants. Nous aurons droit à des fausses pistes, voire même à la clé de l’énigme ou du moins au nom de quelques uns des meurtriers aux deux tiers du bouquin, mais la vérité sera bien plus horrible que prévue, surtout si l’on considère que nous sommes dans une communauté de bien, qui respecte à la lettre les Saintes Ecritures.

Je dois dire que si l’intrigue ne m’a pas transporté, les dialogues sont remarquablement bien faits et j’ai trouvé ce que je cherchais : une description de la vie de ces gens si proches de nous (enfin des Américains car je ne sais pas s’il en existe en France). Il est étrange de se dire que ces gens qui sont bien insérés dans notre vie moderne pratiquent encore la polygamie. De même, ceux qui sont chassés du clan sont appelés les Garçons Perdus, les gens du monde extérieur les Gentils.

On y apprendra aussi que cette communauté est régie par un conseil de sages, qu’ils respectent les messages de l’église, que les femmes ne choisissent pas leur mari, que ce meurtre ne peut avoir été commis que par quelqu’un d’extérieur car ils sont naturellement bons. Et malgré cela, ce roman va nous montrer que la folie expansionniste est mondiale, qu’elle touche tout le monde, même les Mormons.

Sans scène ultra violente, et sans juger cette communauté, même si Jacob et Eliza lors de leur conversation disent honnêtement ce qu’ils pensent, Michael Wallace en profite pour nous montrer avec beaucoup de justesse ce petit monde, tout en montrant beaucoup de respect et d’amour pour ses personnages. Le fait que Michael Wallace soit issu d’une communauté mormone fait beaucoup dans cette description réaliste de ces gens et de leur vie. Reste que ce roman est le premier d’une trilogie et que je me demande bien ce qu’il va trouver pour son deuxième roman sans se répéter. Ma curiosité est piquée au vif, après cette lecture fort agréable.

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