Zalbac Brothers de Karel de la Renaudière (Albin Michel)

Un petit tour dans le domaine de haute finance, c’est le voyage auquel nous invite ce Zalbac Brothers, au titre mystérieux et au sujet qui peut être sulfureux.

Jean Demester est Français, il vient de finir ses études de mathématiques et finances et il quitte la France pour les Etats Unis suite à mort de sa mère. Il se retrouve alors voiturier pour un hotel de luxe de Park Avenue. C’est alors qu’une Maybach s’arrête à son niveau, avec au volant un vieil homme qui écoute de la musique classique. Au bout de quelques questions, il lui demande de passer à son travail, au siège de Zalbac Brothers.

Le vieil homme est Bruce Zalbac, propriétaire de Zalbac Brothers, la célèbre boite financière qui s’occupe de fusions d’entreprises. Jean n’a rien à perdre et se présente le lendemain. Paul Donovan l’accueille et lui fait visiter les bureaux. Au 17ème étage, c’est La galère, l’étage réservé aux stagiaires, « le niveau zéro de la conscience ». Ils travaillent comme des forcenés pour faire des photocopies de dossiers et apporter les cafés. Juste au dessus, il y a les analystes, les agents bêtas. Puis, viennent les vice-présidents sous la responsabilité des directors, et enfin les managings partners.

Jean Demester va donc découvrir le domaine sans pitié de la haute finance et gravir les échelons un par un dans une ascension vertigineuse, jusqu’à une chute programmée et irrémédiable.

Ce roman peut être lu à plusieurs niveaux. Karel de la Renaudière nous a concocté un thriller financier, fait de phrases courtes et de chapitres courts, allant à un rythme effrené pour suivre l’itinéraire foudroyant de Jean sur quelques années. On n’a pas le temps de s’ennuyer tant cela va vite, et tous les ingrédients sont là pour passionner le lecteur, car tout est expliqué simplement jusqu’à une histoire d’amour avec une riche héritière. Si on est loin d’un Martin Eden de Jack London, j’ai plutôt eu l’impression de revivre les premiers Paul Loup Sulitzer tels que Money ou Cash (avant que Sulitzer se perde dans des romans illisibles à mon gout).

Le deuxième niveau est la découverte du monde de la finance et le dégout que l’on peut éprouver à la lecture de ce roman. Les personnages sont tous aussi détestables et vains. Leurs seules motivations sont l’argent et le pouvoir, voyageant de palaces et palaces, fréquentant des gens de la haute comme on dit, entre rois du monde.

Même si Karel de la Renaudière veut rendre son personnage principal sympathique, le montrant gentil, plein d’envie et honnête (?), j’ai quand même eu du mal à éprouver de l’empathie envers ce jeune homme qui détruit des sociétés pour créer des conglomérats tous puissants. Il faut dire que les aspirations de ces gens là sont tout autres, qu’ils ne cherchent ni l’amour, ni la compagnie d’une bien-aimée, mais qu’ils veulent faire un gros coup, le plus gros coup pour faire le plus d’argent possible.

Nul doute que ces gens là existent dans le monde d’aujourd’hui, et l’auteur n’a pas voulu montrer le tableau plus beau qu’il n’est. Il a bâti un thriller aussi réaliste que possible, qui pourra ravir les amateurs de thrillers financiers car il tient la dragée haute à certains auteurs américains, mais en ce qui me concerne, cela n’aura fait que me confirmer dans mes opinions.

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