Métier de chien de Marc Louboutin (Rouge Sang éditions)

Habituellement, je ne chronique que des romans. Et pourtant, ce livre, qui est un témoignage, vaut le détour voire plus, par son aspect direct et sa volonté de montrer la vérité du métier de policier.

L’auteur :

L’auteur se présente ainsi sur le site des éditions Rouge Sang : Quinquagénaire résolument misanthrope.

CV express 1976/2013 : commis de cuisine, animateur de centres de vacances, sous-lieutenant d’infanterie, inspecteur puis lieutenant de police (1984-2001), compétiteur d’épreuves extrêmes d’endurance, reporter-photographe, directeur de rédactions, gérant de société de presse, sdf, barman-videur de nuit, chef d’équipe dans le bâtiment, consultant en sécurité publique, auteur.

Quatrième de couverture :

Depuis des années, la sécurité publique est sur toutes les lèvres, notamment celles des responsables politiques, de droite comme de gauche. Pourtant, pour chaque policier de terrain une évidence s’impose : les discours, les articles de presse, et leurs commentateurs ignorent volontairement la réalité de leur métier.

Marc Louboutin a été inspecteur puis lieutenant de police durant dix-sept ans. À Paris, Chambéry et Quimper, il a fait partie, ou a encadré, de nombreux types d’unités de police. En 2001, constatant que l’administration lui demandait explicitement de ne plus se focaliser sur l’interpellation de délinquants, fussent-ils criminels, il a claqué la porte.

Ce récit, parfois très cru, est celui de sa carrière, sans concession envers les faits ni envers lui-même. C’est l’expérience vécue d’une partie de l’histoire des Inspecteurs de police, aujourd’hui disparus, au-delà des fictions de cinéma.

L’histoire d’une vocation devenue un dégoût avec l’arrivée de la police « moderne » au début des années 2000, celle dans laquelle, aujourd’hui, des « flics de terrain » tentent toujours de surnager.

Mon avis :

Ce livre a été publié une première fois en 2007. A la suite d’une émission télévisée, le livre a été censuré, sous prétexte qu’il pourrait attenter à la fonction de la police. On peut bien se demander pourquoi, puisque ce livre ne m’a pas semblé être un brûlot ou une dénonciation. Il s’agit plutôt d’un témoignage d’un homme, qui fut passionné par son travail, qui était de rendre service à la population, et de ses désillusions.

Dès le début du roman, l’auteur nous prend par la main voire nous prend par la peau du cou pour nous montrer sans état d’âme et sans tabou de la réalité du terrain, et de la façon dont il l’a vécu et ressenti. Et Marc Louboutin va nous détailler ses dix sept années de vie dans la Grande Maison par le menu, en commençant par la formation à l’école de police de Montereau jusqu’aux différents postes qu’il va occuper.

L’auteur va donc nous détailler de nombreuses affaires, qu’il a prises en charge ou auxquelles il a participé, pour démontrer son propos, mais surtout pour nous immerger dans un monde qui nous est finalement très étranger. Entre chaque affaire, il s’adresse au lecteur, le tutoie, le prend à partie, sans forcément prendre de gants. Ces passages, imprimés en italique, peuvent faire penser à des redites alors qu’en réalité, elles constituent un lien pour tout ce qui du propos général du livre.

Car ce qui retient l’attention, et ce qui finit par être passionnant, c’est cette façon de rendre l’ensemble d’une grande cohérence. Le fait que tout soit remarquablement écrit, formidablement bien introduit, fait que l’on suit ce livre, on tourne les pages, et qu’on le reprend avec plaisir, car on a l’impression de côtoyer quelqu’un qui a beaucoup de choses à nous apprendre.

Alors, tout ne va pas être rose, loin de là. Des scènes vont être crues, des passages détaillés de façon très sale et réaliste, on va passer en revue tous les types d’affaires possibles et imaginables, des petites affaires de braquage aux simples vols de mobylettes, des putes aux consommateurs de drogue, des affaires de meurtres aux suicides. Mais ce qui ressort de tout cela, ce sont les exigences liées à ce métier qui sont énormes …

Car on est flic 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Il n’y a pas de juste milieu, pas de temps mort, pas de week-end, pas de jours fériés. De même, on ne peut envisager de vie privé, ou bien cela se termine rapidement par un divorce. Et quand on travaille dans un milieu sale, on rencontre forcément des gens sales. Il ressort de ce livre que les policiers doivent avoir un mental blindé pour faire ce métier, alors qu’ils ne sont peut-être pas formés ou recrutés avec ce profil.

Ce livre est avant tout un témoignage mais c’est aussi et surtout l’histoire d’un homme passionné par son métier qui s’est trouvé désavoué, trahi par ses hiérarchies. La course des hommes politiques aux chiffres font que Marc Louboutin a vu un changement dans les objectifs fixés par ses chefs. Il devenait plus important que faire du chiffre que de résoudre des affaires importantes qui auraient permis de remplir la fonction réelle de la police. En ce sens, ce livre prend son importance et permet au lecteur de se rendre compte que personne n’est tout blanc ou tout noir et que la réalité du terrain, la sécurité des gens, n’est peut-être pas la priorité de tout le monde. Lisez ce livre, car sa lecture est importante et fort passionnante.

Vous pouvez commander ce livre sur le site des éditions Rouge-Sang ici : http://www.rouge-sang-editions.com/livres/metier-de-chien/

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8 réflexions sur « Métier de chien de Marc Louboutin (Rouge Sang éditions) »

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