Le syndrome de Croyde de Marc Welinski (Daphnis et Chloé)

Le syndrome de Croyde est une pathologie psychiatrique rare qui touche des individus dénués de tout antécédent psychiatrique et dont la principale caractéristique est qu’ils ont une attirance particulière pour le vide. Ils sont fascinés par les falaises, les hauteurs. La chute dans le vide les obsède.

Imaginez que vous rentrez du travail, vous prenez les transports en commun, le métro, et vous voyez devant vous quelqu’un qui se jette sous la rame. C’est ce qui va arriver à Agnès Quincey. Elle est directrice d’une boite de cosmétique et est un peu débordée par le lancement d’un nouveau parfum. Cet accident ferroviaire alors qu’elle est au premier rang va la secouer.

Son mari, Dany est au chômage, et ne sait pas ce qu’il va faire ensuite. Le problème, c’est qu’il a tendance à se mettre à boire. Ce soir là, Agnès tarde à rentrer. Dany reçoit un couple d’ami, Franck et Milana. Franck est psychologue et s’est séparé de sa femme Anne, psychologue aussi, pour se mettre en ménage avec cette femme plus jeune que lui d’une vingtaine d’années.

Dans les jours qui suivent, ce sont deux nouveaux accidents qui vont survenir dans des stations de métro différentes, et comme par hasard, Agnès est à chaque fois présente. Ils décident d’aller voir la police, d’autant plus que pour le dernier accident, Agnès a l’impression que quelqu’un a poussé la jeune fille. Meurtre ou accident ?

Si ce roman ne va pas sortir du lot par son style, qui veut rester simple, c’est surtout par la façon dont l’auteur va disséquer minutieusement la vie de couple et les mystères qui l’entourent. En effet, le roman est écrit à la première personne, Dany dans la première partie et Agnès dans la deuxième. Le fait de voir l’intrigue par les yeux des deux protagonistes permet aussi de faire planer des zones d’ombre, comme si le lecteur ne pouvait pas voir plus loin que les quelques mètres qui l’entourent.

Ce n’est pas un roman qui va aller à un rythme effréné, car l’auteur préfère décrire les psychologies des personnages par leurs actes et surtout par les dialogues, nombreux mais jamais inutiles. Et le fait qu’il creuse, qu’il analyse les comportements de chacun, fait que ce roman est tout simplement passionnant d’un point de vue psychologique.

Ce qui est amusant, c’est qu’on a l’impression que l’auteur ne sait pas où il va, qu’il déambule de page en page. Plus on s’avance, plus on a l’impression que le brouillard s’épaissit. Et on en finit par soupçonner tout le monde. La situation est tellement simple, que toutes les hypothèses sont possibles. Et comme on ne peut lacher le livre, la fin, si elle n’est pas surprenante est fort bien amenée et on se dit que Marc Welinski a fort bien construit son livre en s’appuyant sur ses personnages. Bref, voilà un roman fort intéressant et totalement surprenant, une excellente découverte.

Ne ratez pas l’avis de l’ami Claude ici et de Mimipinson

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s