Oldies : Les enquêtes du commissaire Léon 3 / 4 de Nadine Monfils (Belfond)

Les éditions Belfond ont l’heureuse initiative de rééditer les enquêtes du commissaire Léon et j’avais eu l’occasion de chroniquer le premier tome. Voici la suite des enquêtes de ce commissaire hors du commun, qui tricote sur son lieu de travail depuis qu’il a arrêté de fumer, et qui est affublé d’un chien qui ressemble plus à une pantoufle endormie qu’à un représentant de l’espèce canine. Bien avant les aventures de Mémé Cornemuse, Nadine Monfils écrivait de somptueux polars drôlissimes.

L’auteur :

Mariée, mère de deux enfants, Nadine Monfils a enseigné la morale et consacre la plus grande partie de son temps à l’écriture. Elle s’est essayée à tous les genres : poésie (douze prix), théâtre, bande dessinée (un projet de scénario Chloé avec Malik), roman, nouvelle… Le théâtre fait beaucoup appel à elle puisqu’elle a elle-même joué dans des pièces en wallon brabançon au Cercle d’Effort d’Ottignies. Parmi ses amitiés littéraires, il faut notamment citer Thomas Owen avec qui elle partage un goût certain pour le fantastique.

Donnant des cours d’écriture au Parallax (école de comédiens) en compagnie de Georges Thinès et Pascal Vrebos, à l’U.E.E. (Université européenne d’écriture créative et audiovisuelle), elle rédige également les chroniques littéraires dans Père Ubu, journal satirique belge, pendant dix ans.

Elle a dirigé une galerie d’art, pendant 7 ans, à Bruxelles et a été comédienne. Elle a travaillé avec le cinéaste Walerian Borowczyk. Elle fut également critique de cinéma dans Tels Quels (revue homosexuelle). Elle a également animé des ateliers d’écriture dans les prisons (notamment à Rouen). (Source Wikipedia)

Il neige en enfer

Arnaud Rastignac, richissime industriel, meurt dans un accident de voiture, laissant derrière lui une famille de fêlés… Sa femme Jacqueline passe sa vie à coudre des paillettes partout, le pépé dans son fauteuil roulant ne pense qu’à se taper la bonne Paula, la belle-fille ressemble à Miss Piggy ; Alice l’aînée, fait de la magie noire et Momo, complètement zinzin, promène son lapin empaillé… Lou, la seule qui ait bien tourné, est hôtesse dans un bar à Pigalle. Elle a pour fidèle client le commissaire Léon. S’il avait su dans quel panier de vipères il mettait les pieds, il serait resté chez sa maman à tricoter un paletot pour son chien !

Le silence des canaux

le commissaire Léon est parti en vacances. Oh pas loin ! Il a loué un bateau, pris son tricot, ses pelotes de laine, ses aiguilles et son chien Babelutte et il navigue au fil de l’eau sur le canal de l’Ourcq. Et voici le premier mort… suivi de bien d’autres. Comme si le criminel s’amusait à suivre le commissaire Léon à la trace et à semer des cadavres sous ses pieds. Et quels cadavres ! Chacun a le visage proprement découpé au bistouri et arraché. Et puis il y a cette petite fille qui vit dans une cabane avec sa grand-mère ; cette péniche abandonnée remplie d’instruments de torture ; la maison du Diable avec ses chats de pierre… On se croirait dans un conte de fées. Mais un conte de fées noir, noir !

Mon avis :

Dans Il neige en enfer, l’anniversaire de Arnaud Rastignac va déclencher toutes sortes de meurtres et surtout mettre à jour les obsessions les plus viles et basses d’une bande de cinglés. Nadine Monfils, avec la verve qu’on lui connait va peaufiner ses dialogues et ses situations abracadabrantesques pour nous offrir un très bon moment de comédie noire, à base de rebondissements et de dialogues savoureux. A la limite, Momo, le fils attardé qui promène son lapin empaillé pour lui faire faire ses besoins, parait le plus sain d’esprit et le moins dangereux. Vous l’aurez compris, tout cela n’est pas bien sérieux, mais c’est fou ce qu’on est surpris par la créativité de l’auteure à nous surprendre et à dégotter des idées toutes plus drôles les unes que les autres. De l’excellent divertissement en somme.

Les enquêtes du commissaire Léon se suivent et ne se ressemblent pas. C’est ce qui me vient à l’esprit avec Le silence des canaux. Au flingage en règle de la précédente histoire, Nadine Monfils nous concocte une histoire policière plus classique avec ce Silence des canaux. Le scenario est bien blindé, notre commissaire Leon se retrouve en vacances sur une péniche, arpentant le canal de l’Ourcq et a affaire à une histoire de meurtres en série. Il va se retrouver confronté à un assassin en fuite de Fleury Mérogis et à une petite fille muette.

Les pistes vont être nombreuses, et l’auteure va nous amener petit à petit vers un dénouement imprévisible. Evidemment, on y retrouve le décalage des dialogues savoureusement humoristiques, cet humour noir politiquement incorrect, avec des passages hilarants. Rien que le personnage de Ginette, la mère du commissaire, qui achète des gadgets inutiles sur L’Homme Moderne, le catalogue qu’elle a trouvé dans son Télé 7 jours, vaut le détour pour une franche rigolade. Quand Nadine fait du Monfils, cela donne un excellent épisode des enquêtes du commissaire Léon.

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