Ressacs de David James Kennedy (Fleuve Noir)

Premier roman d’un jeune auteur, édité qui plus est dans une maison d’édition renommée, auréolé de premiers avis positifs, c’était plus que suffisant pour me lancer dans sa lecture. Si le roman est bourré de qualités, il n’en reste pas moins que je suis resté un peu sur ma faim.

Au pays basque, au bord des cotes escarpées, trône un hôpital militaire, qui ressemble à une bâtisse inquiétante. Jean Christophe D’Orgeix est un interne qui est appelé pour soigner une victime d’un accident de la route. Malgré sa volonté de le sauver, le patient va mourir et Jean Christophe disparaitre sans laisser de traces. Même le gardien posté à l’entrée ne verra personne ni entrer ni sortir.

Son collègue et ami Tom Castille ne comprend où Jean Christophe peut être ni son acharnement à sauver l’accidenté de la route. En fouillant sa chambre, il découvre un vêtement avec des taches de sang et une grosse somme d’argent. Et si son ami était pourri, mystérieux et moins honnête qu’il le pensait.

Les gendarmes débarquent car quelqu’un les a prévenus. Le lieutenant Marc Bost, bâti comme un pilier de rugby va essayer de tirer au clair ces événements, d’autant plus que des sms étranges vont apparaitre, que la voiture de Jean Christophe est retrouvée avec trois pneus crevés, et que les cadavres vont s’amonceler.

On se lance dans ce roman avec plein d’espoirs, Franck Thilliez en dit même : « Un maitre du suspense est né », et la première chose qui vous arrive, dans les 50 premières pages, ce sont des uppercuts, des événements sans liens apparents, aussi bizarres qu’étranges. Et je dois dire que si on n’est pas concentré, on s’y perd un peu. Tous les ingrédients sont là pour accrocher le lecteur, si on est persévérant. Par contre, après avoir fini le livre, on est ébouriffé par le scenario élaboré au millimètre, très rigoureux, très scientifique dans sa démarche.

Puis le héros principal s’impose, il s’appellera Tom Castille. Et là, les événements bizarres continuent à arriver mais au moins, le lecteur est accroché. Il y a dans ces premières pages toutes les qualités qui font que d’un coté on est admiratif, et de l’autre sceptique. D’un coté, on reste baba (excusez moi de l’expression, mais je n’en trouve pas d’autre) devant la classe de l’auteur à décrire les paysages, la force des vagues destructrices de l’océan atlantique du coté du pays basque, le bruit incessant des gouttes de pluies des orages violents du coin, la surprise de sursauter en entendant le tonnerre frapper cette terre rocheuse. On est ébahi par sa faculté à peindre des scènes d’action nous obligeant à voir littéralement ce qui se passe, à retenir son souffle. Je me suis même surpris à sursauter, comme cela arrive devant un film d’horreur ou de suspense, tellement la force d’évocation est impressionnante.

Et puis, il y a l’entredeux, ces moments qui m’ont fait relever la tête et poser le livre. Il y a ces passages où le héros fait la synthèse de ce qui lui arrive, alors que le lecteur (c’est-à-dire moi) se rappelle parfaitement ce qui s’est passé vingt pages plus tôt. Il y a les autres personnages, qui m’ont semblé trop peu consistants pour faire partie intégrante de l’histoire (alors qu’il y avait à faire avec un mec tel que l’inspecteur bâti comme un pilier de rugby).

C’est donc pour moi un livre en dents de scie, avec des passages incroyables, extraordinaires et d’autres plus convenus. Il n’empêche que la fin est fort bien trouvée, très bien amenée et que, pour un premier roman, l’ensemble est impressionnant. Il est indéniable que Fleuve Noir détient un auteur en devenir et qu’avec Ressacs, on est en droit d’attendre énormément pour son prochain roman.

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