Fils de Sam de Michael Mention (Ring)

Il est bien rare de trouver sur ce blog mon avis sur des essais, car je préfère les intrigues fictives ; question de gout. C’est donc surtout grâce au nom de son auteur que j’aurais lu de Fils de Sam, et ce roman se lit comme un vrai thriller, avec une enquête des plus rigoureuses.

Quatrième de couverture :

Il a ensanglanté les rues de New York et traumatisé des millions d’Américains. Pour la première fois en France, l’histoire vraie du « fils de Sam ».

Été 1977. L’Amérique croit avoir tout subi : assassinat de JFK, émeutes, fiasco au Vietnam, crise économique. Meurtri dans sa chair et saigné dans ses ambitions, le pays est à genoux. New York aussi, soumise à une canicule sans précédent, au blackout et à son bourreau.

Un tueur mystérieux qui rôde la nuit et décime la jeunesse avec son revolver. Un prédateur unique dans la sphère des tueurs en série, défiant les autorités, les médias et le pays tout entier. Cette affaire criminelle a fait l’objet d’un film, Summer of Sam, réalisé par Spike Lee avec Adrien Brody, mais tout n’a pas été exploré…

Pour la première fois en France, un auteur retrace cette stupéfiante enquête, méconnue en Europe, à travers de nouveaux axes d’investigations. Entre document et thriller, Fils de Sam vous fait revivre la croisade du « Tueur au calibre .44 » à la faveur de nombreux documents et photos qui en font bien plus qu’un livre : un ouvrage qui se lit comme un film, en immersion dans la tête de l’un des tueurs les plus complexes. Une plongée au cœur des États-Unis du rock au disco, du L.S.D. à la C.I.A., d’Hollywood au satanisme… portrait d’une nation à travers l’un de ses exclus, devenu icône des serial killers.

Né en 1979, Michaël Mention est romancier et scénariste. Grand Prix du roman noir français au Festival International du Film Policier de Beaune en 2013 pour Sale temps pour le pays (Rivages/noir), il s’impose aujourd’hui comme l’un des nouveaux prodiges du thriller.

Mon avis :

Ce roman est vraiment particulier, original. D’ailleurs, je l’appelle roman, alors que c’est aussi et avant tout une enquête sur un serial killer qui est encore vivant, purgeant ses six peines à perpétuité pour avoir blessé ou tué plus d’une dizaine de personnes. La forme de ce livre est une alternance entre des chapitres à la première personne qui plongent le lecteur dans la tête malade de ce personnage hors du commun, et des chapitres montrant le contexte, les années 70 avec les sectes nihiliste ou adoratrices du diable, les groupuscules niant le bien pour provoquer des massacres à grande échelle.

De ce contexte, extrêmement documenté, Michaël Mention insiste sur l’un de ses thèmes de prédilection : l’influence de la société sur les hommes, le rôle néfaste des media qui semblent pousser les gens vers des actes meurtriers uniquement pour qu’ils puissent atteindre une notoriété. Mais aussi, il montre une analyse poussée sur la société des Etats Unis, qui manque cruellement de racines, qui est guidée par la religion pour éviter de déraper, mais qui s’avère en fait une gigantesque pompe à fric dont la seule loi est celle de l’argent.

Au passage, je dois noter que, outre une documentation impressionnante, l’auteur ne va pas se laisser aller à faire des hypothèses, à lancer de grandes théories, il va juste poser les faits, issus de sa recherche minutieuse, et poser des questions ou rétablir la vérité connue, ce qui n’est que présomption restant à la porte. La partie documentaire est passionnante, et elle se lit comme un roman.

Et d’ailleurs, les passages écrits à la première personne se lisent eux comme un thriller. C’est un véritable voyage dans un esprit malade, qui commence par un jeune homme sans racines comme son pays, délaissé comme son pays, sans but comme son pays. Et si on peut trouver un peu répétitif la période où David Berkowitz perpétue ses meurtres, l’ensemnle est bigrement cohérent et forme un thriller dans la plus pure des traditions. Et si je vous dis, qu’au long des 385 pages, on finit par se forger un avis, des certitudes, c’est sans compter la réalité (qui dépasse la fiction) car à la fin du livre, on ne sait plus vraiment qu’en déduire de ce personnage réellement hors du commun, qui aujourd’hui, du fond de sa cellule, prêche la bonne parole et a refusé ses procès pour allègements de peine. En fait, on termine le livre en se demandant : Mais qui est-il vraiment ?

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