L’avis de Loley : La chambre d’Hannah de Stéphane Bellat (MA Editions)

Je ne suis pas peu fier d’accueillir pour le première fois une nouvelle invitée. Loley, c’est une jeune femme, complètement dingue de lecture, qui a créé sur Facebook un groupe de lecture appelé READ sur lequel on parle beaucoup de polar. Depuis quelque temps, elle propose ses chroniques à raison de deux par mois environ à différents blogueurs de ce groupe. Et je suis fier d’être parmi les heureux élus ! Pour sa première sur Black Novel, elle a choisi La chambre d’Hannah de Stéphane Bellat.

Je voudrais juste passer un message personnel : Loley, les portes de Black Novel te sont ouvertes, c’est quand tu veux pour une autre chronique !

Quatrième de couverture :

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce que juive. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes. Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

L’auteur :

Stéphane Bellat, né en 1961 dans l’ouest de la France, est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Pendant une dizaine d’années, il rédige des articles pour des magazines d’histoire, devient guide et conférencier autour de la bataille de Normandie. En 2010, il se sent envahi par le besoin d’élargir son horizon et décide de revenir à sa première passion : la littérature fantastique.

L’avis de Loley :

J’ai d’abord rencontré Pierre, un enfant plutôt malchanceux, j’ai adopté son univers, sa famille, son expérience d’écolier, le tout présenté par une jolie plume.

Puis ce fût le tour d’Hannah, du même âge que Pierre mais a une autre époque, une époque bien différente, hostile, cauchemardesque, où l’horreur fût omniprésente de 1939 à 1945. J’ai ressenti le manque de cette petite fille, sa faim, son isolation dû à sa religion, l’injustice qui est sa vie.

Comment deux enfants vont-ils pouvoir faire connaissance avec les cinquante années qui les séparent? Comment est-ce possible? Je vous invite à lire le livre pour satisfaire votre curiosité, dès les premières lignes le lecteur ressent le besoin d’avancer sa lecture pour l’étancher.

Je reviens sur l’écriture car elle est belle et maîtrisée, l’auteur a su créer une symbiose parfaite entre ces enfants si différents mais aussi leurs vécus diamétralement opposés. Certains échanges entre les protagonistes m’ont fait sourire, il y a de la candeur car il est bien difficile de se comprendre avec un demi siècle d’écart tant le langage et les expressions ont évolué.

J’ai relevé ce passage pour vous, sa beauté m’a sautée aux yeux : « Et l’irréparable se produit alors. L’incroyable, le surprenant, l’imaginaire, les séquences aléatoires, les rencontres impossibles sont bannis. Seuls doivent demeurer le certain, le palpable, tous ces artifices qui forment la panoplie de la logique, des analyses rationnelles. C’est ce matin précis que choisit un enfant pour mourir et renaître dans l’enveloppe d’un adulte ».

Il nous est tous arrivé de lire un livre sans rien ressentir de particulier, peut-être par manque de profondeur. Pour le coup, « La chambre d’Hannah » est sûrement un de ceux qui m’a le plus remué sur le plan émotionnel. Ce livre est un concentré de beauté face à toute cette horreur. La fin et le dénouement m’ont vraiment étonné, je n’ai rien vu venir quand les pièces du puzzle sont venues se mettre en place les unes après les autres et les larmes ont menacé de venir à de nombreuses reprises. A partir de la moitié du livre, les frissons ne m’ont plus quittée, j’ai eu peur pour ces petits personnages, j’ai vécu avec eux les camps de concentration, les rafles, la mort.

J’ai eu l’immense chance de discuter avec l’auteur, il m’a immergée dans l’histoire de notre pays, notre histoire, c’est un homme passionné mais pas seulement, il est particulièrement impliqué sur le plan personnel. J’en suis ressortie riche et la gorge nouée, des phrases en hébreu données puis traduites, une chanson juive écoutée mais aussi des informations et des faits réels échangés. Il nous parle d’une petite fille juive, une histoire magnifique et dure, j’y ai vu un superbe hommage à tous ceux qui sont morts pendant la seconde guerre mondiale, ceux qui ont été déportés mais aussi à toutes les personnes qui ont tentées d’arrêter ce génocide.

Je remercie Stéphane BELLAT et M.A Editions pour cette lecture enrichissante et émouvante.

Laissez-vous séduire par sa couverture classieuse, ce qu’il se passe derrière vaut le détour…

Nitra’e bekarov Stéphane (à bientôt en Hébreu).

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