Sans crier gare surgit la nuit de Bernard Pasobrola (Rail noir)

J’avais beaucoup aimé Mortelle hôtesse, alors je récidive avec son dernier roman en date paru aux éditions du Rail Noir, un roman qui fait réfléchir sur la manipulation des cerveaux.

Stéphane Anglade est un homme qui souffre d’une amnésie sélective, suite à un accident vasculaire cérébral. Il est traité dans un hôpital psychiatrique situé proche de Grenoble. C’est aussi un homme qui porte sa croix, la mort de sa fille dans un attentat à Montpellier, où un magasin a pris feu. Quand Shila, une nouvelle patiente, atteinte de crise d’épilepsie arrive, ils vont se lier, se soutenir et reprendre l’enquête de cet attentat dans un pays en proie à une révolution.

En effet, depuis que le peuple a perdu la foi dans ses hommes politiques, depuis que le vote blanc est devenu majoritaire, deux partis se font la guerre, le parti d’extrême droite et le Parti Social d’Avenir Républicain. Ce dernier prône l’évolution de la société grâce à la science, en défendant une thérapie à base de manipulation cervicale pour éliminer le mal. Parétu, le leader du PSAR, a en vue la clinique de neurothérapie vibratoire dirigée par Jean Reverte.

Ce roman est à la fois un roman de personnages forts mais aussi une vraie réflexion sur où peut aller une société et la façon dont on peut manipuler les masses. Dans un monde en ruine, il y a une vraie opposition entre ces gens, malades et perdus, et le monde extérieur oppressé par l’armée omniprésente, les hélicoptères qui tournent à la recherche de dissidents. Si le style se veut froid et direct, c’est pour mieux faire ressortir les sujets importants du roman : la manipulation des masses.

Alors que l’intrigue se déroule dans un futur proche, Bernard Pasobrola en profite pour fouiller beaucoup de thèmes et en particulier la façon dont les politiques cherchent à diriger les opinions, à éliminer ceux qui ne pensent pas « bien », ou à maitriser ceux que l’on appelle les terroristes.

D’une enquête qui peut paraitre anodine au départ, l’enchainement est parfaitement logique pour démonter tous les rouages, les guerres intestines entre scientifiques à des fins peu avouables … mais sans le montrer. Car, quoi de plus facile que de diriger une population quand on maitrise son cerveau. Bernard Pasobrola en profite pour montrer toutes les thérapies existantes, justifiées par les scientifiques de renom et construit son roman comme une dénonciation contre la libre expression, la libre pensée.

Des personnages attachants à l’ambiance toujours oppressante par la présence de l’armée, le passage incessant des hélicoptères, tout concourt a donner un ton qui met le lecteur sous pression. De ce roman, qui montre si bien une société en déliquescence, Bernard Pasobrola nous demande ouvertement de réfléchir vers où nous voulons aller, de garder notre libre arbitre, et de choisir notre futur. Voilà un roman très bien fait, intelligent et prenant et que vous devez lire.

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